Participation aux discussions
Discussion : Dépasser la trahison
Paul-Eaglott
le mercredi 03 octobre 2012 à 17h19
OMG, pour te proposer un point de vue potentiellement éclairant pour toi, je vais dire des choses un peu "froidement", en prenant volontairement une forme de distance avec ton histoire.
D'abord, et c'est fondamental, il pourrait être utile de reconnaître que tu es seule "responsable" de tes sentiments. Tu t'es sentie trahie face à un comportement de ton conjoint, mais c'est TOI qui te sens trahie, davantage que lui n'a commis de réelle trahison. Il a certes eu des contacts avec une autre femme, certes il avait dit qu'il ne le ferait pas, mais au fond, il ne t'a rien enlevé, il n'a pas cessé de t'aimer, il ne t'a pas quittée, il ne t'a pas nui par ses actes. Et il est probable que lorsqu'il t'a fait cette promesse, il ne s'est pas dit "je lui promets ça, comme ça elle ne se méfiera pas et je vais pouvoir m'organiser tranquillement ma double vie, hin hin hin..."
Les raisons pour lesquelles il n'a pas été capable de mettre en cohésion ses mots et ses actes, ça signale une faiblesse de sa part, un truc pas totalement clair, mais ce n'est très probablement pas pour te nuire qu'il a agi comme il l'a fait.
Plus probablement, il a cherché à ménager des forces contradictoires qui agissaient en lui et que je ne peux que deviner plus ou moins : attirance envers une femme ; peur de te décevoir, ou peut-être même de te perdre, sachant ton histoire, et ayant sans doute perçu l'importance à tes yeux de l'engagement qu'il avait cru pouvoir prendre pour toute la durée de ta grossesse ; peur de te ressentir comme un "obstacle" et de concevoir du ressentiment envers toi s'il renonçait à l'occasion qui s'offrait à lui, etc...) Mais là n'est pas la question importante pour toi. (Pour lui, peut-être davantage : il lui sera utile de comprendre ce qui l'a conduit à se mettre en contradiction avec lui-même.)
Pour toi, ce qui importe davantage, c'est de prendre conscience que c'est toi qui te sens trahie. Ce sentiment est légitime, et ta vie passée te prédispose peut-être à ce genre de ressentis. Mais si tu acceptes d'en situer l'origine en toi et non en lui, il devient plus facile de travailler à le résoudre (ce que conseille Juliette-invitée me semble sensé), et ça rend surtout beaucoup plus facile de pardonner et de "dépasser la trahison".
Si tu lui dis "quand tu me dis que tu vas faire un truc et que tu fais le contraire, je me sens trahie", c'est plus facile à surmonter pour vous deux, que si tu lui dis "tu m'as trahie et il faut que tu regagnes ma confiance" par exemple. (Et si regagner ta confiance doit passer par une série de "sacrifices expiatoires" sensés prouver ce que la force de son amour pour toi est capable de lui faire faire, il va souffrir et ça risque de laisser des traces négatives...)
La question de la confiance est réelle, et sans doute se travaillera-t-elle le mieux en vous acceptant mutuellement avec vos faiblesses et vos failles, plutôt qu'en attendant de lui qu'il soit responsable de ta protection contre tes propres fragilités, et qu'il se comporte en super-héros irréprochable.
Mais je reviens sur ton sentiment de trahison. Je dis que son origine est en toi, dans le sens ou face à une même situation, d'autres que toi auraient réagi tout-à-fait différemment, selon leurs histoires, leur passé, leur tempérament, etc.
Ton ressenti a été "je me sens trahie". Pour quelqu'un d'autre, ça aurait pu être "je suis déçu(e) : il n'est pas aussi responsable que je croyais" ou "je suis triste pour lui : il doit souffrir beaucoup, pour arriver à ce genre d'incohérence" ou "je jubile : il a fauté avant moi, et je gagne un point !" ou "je le comprends : vu la femme en question, j'aurais fait pareil si l'occasion s'était présentée ; et je suis fière qu'il soit resté avec moi quand même !" ou "je suis en colère car face à un mensonge je ne me sens pas considéré(e) comme un(e) adulte", ou pourquoi pas "je suis soulagé(e) : nous voici à égalité dans nos escapades, et j'aurai moins de scrupules la prochaine fois..."
C'est donc bien toi qui te sens trahie. Lui, objectivement, il a simplement dit des choses un jour et plus tard il a fait quelque chose qui ne correspondait pas à ce qu'il avait dit. Point. Tu peux lire de la trahison dans ces actes, mais tu peux tout aussi bien y lire autre chose.
Ca, s'était pour éclairer autrement ton ressenti, et peut-être te permettre de trouver un angle d'attaque pour le résoudre.
Ce qui importe, aussi et avant tout, c'est de savoir si vous pouvez être heureux ensemble. Ca dépend sans doute de votre capacité à dépasser ton ressenti et à refermer ta blessure.
Je te souhaite que ce soit possible assez rapidement.
Mais si ça ne l'est pas, une séparation, même avec un enfant, n'est pas une catastrophe absolue. Et tu ne dois pas t'interdire d'envisager cela comme une solution.
Bon courage, en tout cas !
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Discussion : Rencontre autour de la question du polyamour (22 octobre, Paris)
Paul-Eaglott
le mercredi 03 octobre 2012 à 12h23
Bonjour Marie14,
c'est une tout-à-fait bonne idée, de lancer un café-poly pour continuer à explorer les questions que le sujet suscite.
Si je comprends bien, tu cherches une idée de lieu (café) qui serait susceptible d'accueillir un groupe et où il soit possible de se parler et de s'entendre y compris à quelques décimètres de distance.
De tels lieux ont été expérimentés par divers café-poly passés, mais il faudrait sans doute vérifier que la salle qui avait alors été plus ou moins privatisée est libre à la date que tu choisis. Parmi ceux dont je me souviens :
- le Bubble Bar, rue Keller, mais il n'est pas facilement libre en week-end
- le Sir Winston, vers la place de l'Etoile, plus cher au niveau des consommations
- le "Bar sans nom", rue de Lappe, mais avec ses tables tout en longueur il ne se prête pas à une discussion de groupe
- l'Autre Café, mais l'agréable salle du haut est désagréablement envahie par le bruit du bas
D'autres auront sans doute d'autres idées meilleures, mais a priori il me semble qu'en choisissant un vendredi soir, tu te rends la recherche plus difficile...
Quoi qu'il en soit, merci pour l'initiative, et bonne recherche pour le lieu !
Discussion : Café poly de rentrée à Paris — 17 septembre au Bubble Bar
Paul-Eaglott
le mardi 18 septembre 2012 à 09h28
Oui, encore une fois ce beau café-poly fut fertile en échanges et dialogues jolis.
De ceux dont on repart avec un bon sourire et des envies d'alexandrins (ou même pire) :-D
Message modifié par son auteur il y a 13 ans.
Discussion : Café poly de rentrée à Paris — 17 septembre au Bubble Bar
Paul-Eaglott
le mercredi 12 septembre 2012 à 09h41
Plusieurs de mes amis polycurieux me demandaient de les prévenir de la tenue d'un café-poly, alors je les ai orientés vers cette soirée. Quelques-uns seront peut-être là, sait-on jamais...
Discussion : Café poly de rentrée à Paris — 17 septembre au Bubble Bar
Paul-Eaglott
le samedi 08 septembre 2012 à 11h51
Bonjour Caelur,
Merci pour l'initiative !
Message modifié par son auteur il y a 13 ans.
Discussion : Trouvé sur un blogue
Paul-Eaglott
le lundi 03 septembre 2012 à 19h14
Ca date de plus d'un an, mais je viens de tomber sur ce post, issu d'un blogue (sans doute québécois). Ca a le mérite d'expliquer le polyamour assez clairement, simplement et succinctement.
Discussion : [Musique] Chansons, poèmes, divers poly
Paul-Eaglott
le lundi 03 septembre 2012 à 19h00
"Hair", comporte une situation gentiment polyamoureuse : dans la bande des 4 "hippies" qui sont au centre de la comédie musicale, Jeannie ne sais pas si elle est enceinte de Hud ou de Woof, ce qui ne semble poser problème à aucun des 3. Ils en parlent avec bonne humeur et Jeannie exprime que les deux hommes lui plaisent.
Et lorsque surgit la compagne "oubliée" de Hud avec leur enfant, et qu'elle découvre la situation avec dépit, les autres -- Jeannie en tête -- cherchent à l'accueillir et à l'intégrer dans leur groupe d'amis, en lui expliquant que tout ça n'empêche rien...
Discussion : Idées de films ou de lectures évoquant la notion de polyamour
Paul-Eaglott
le lundi 03 septembre 2012 à 18h34
Quelques pistes ici :
/discussion/-bu-/Chansons-poemes-divers-poly/
/discussion/-kp-/Livres-a-lire-ou-faire-lire/
Sinon, j'ai récemment revu "Hair"...
Message modifié par son auteur il y a 13 ans.
Discussion : Poly pool party in the SF Bay Area
Paul-Eaglott
le vendredi 17 août 2012 à 16h59
@zina, sur l'absence de traduction en France de la culture "sex-positive" :
Il me semble que les mouvements "sex-positive" aux USA sont une réponse à l'intrusion invasive du politique dans la sphère intime, au moralisme agressif et à l'utilisation stigmatisante des questions sexuelles dans le débat public.
Là-bas, l'idéologie dominante considère que la sexualité en tant que plaisir c'est mal, et -- sans même parler des lois réprimant telle ou telle pratique, qui existent dans certains états des USA -- les questions sexuelles sont utilisées pour discréditer ou avilir des citoyens et des hommes politiques, et parfois pour empêcher tout débat de fond.
Une réponse politique était nécessaire, afin d'éviter que se généralise dans l'opinion l'idée que quelqu'un qui aime le sexe n'est pas quelqu'un de bien. Cette réponse a pris la forme d'une pensée et de mouvements sex-positive, qui cherchent à réhabiliter la sexualité, et à redorer son blason. Il s'agit réellement d'un militantisme actif, visant à donner de la sexualité une image positive, en revendiquant le droit de la pratiquer en dehors d'un but de reproduction tout en restant considéré comme respectable.
En France, même si on peut parfois se demander si on ne se rapproche pas d'une forme de moralisme, on n'en est absolument pas à ce niveau, et il n'y a pas de nécessité massive à ce qu'émergent des mouvements équivalents, militant pour que le sexe soit reconnu comme une pratique positive.
Ca ne ferait certes pas de mal, notamment si c'était l'occasion de débarrasser la sexualité de tous les clichés et tabous qui l'enferment trop souvent dans un carcan (domination masculine, notamment), mais je n'ai pas l'impression que la situation le réclame suffisamment fort pour que de tels mouvements naissent ici...
Discussion : Présentation "Poursuite de Reve"
Paul-Eaglott
le mardi 14 août 2012 à 16h58
Bonjour Poursuite de Rêve,
Un petit mot juste pour te souhaiter la bienvenue, et pour proposer quelques petites précisions d'emblée.
Ressentir des attirances pour quelqu'un d'autre que sa/son conjoint/e est éminemment humain, et même s'il existe certainement des gens à qui ça n'arrive jamais, ils sont sans doute assez minoritaires.
Lorsqu'on est sujet à de telles attirances, il y a plusieurs façons possibles de se comporter :
- s'interdire de les vivre (ce que, semble-t-il, tu as fait jusqu'ici)
- les vivre en cachette (adultère)
- les vivre en imposant la situation à sa/son conjoint/e, nonobstant les douleurs qu'elle/il peut ressentir.
- le polyamour : dialoguer entre conjoints pour trouver ensemble les conditions qui permettront à l'un et l'autre de vivre leurs attirances extérieures sans faire de dégâts dans le couple.
Cette dernière option est sans doute la plus riche de possibles et la plus respectueuse, mais elle est étrangère à notre culture occidentale, où l'exclusivité nous est désignée comme la seule façon honnête de vivre sa vie amoureuse. Le polyamour, il y a encore quelques années, n'avait aucune place dans les médias, et était absolument inconnu de l'immense majorité des gens.
Devant la rareté des témoignages et des exemples visibles, c'est pour favoriser les échanges entre ceux qui s'intéressent à cette façon de vivre des relations non-exclusives en plein accord avec ses partenaires, que polyamour.info a été créé. C'est donc, plutôt qu'une communauté, un lieu de discussion et d'échange d'expériences. Tu y trouveras des oreilles bienveillantes lorsque tu t'interrogeras sur telle ou telle question que le polyamour peut soulever -- et à laquelle il est bien peu probable que les médias ou notre culture habituelle puissent proposer des réponses...
Mais pour commencer, c'est moi qui te pose une question, pour mieux comprendre ta démarche.
Tu dis
Poursuite_de_Reve
Ce n'est cependant pas du tout le cas de ma petite femme
Est-ce à dire que tu lui as parlé de tes attirances et qu'elle t'a dit ne rien ressentir de tel envers d'autres hommes (ou femmes, d'ailleurs) ?
Je te pose la question parce que, a priori, le fait que ce ne soit pas le cas pour elle ne constitue pas forcément une impasse : il existe des couples polyamoureux où l'un des conjoints n'a pas d'attirances extérieures, mais, tout en choisissant de rester exclusif, trouve tout à fait acceptable que l'autre aille "voir ailleurs".
Il peut être utile, lorsque vous discutez de cela ensemble, de vous poser les bonnes questions. En demandant "Est-ce qu'il t'arrive de ressentir des attirances envers d'autres que moi ?", tu ne risques pas d'avoir la réponse à "J'ai parfois des attirances envers d'autres personnes que toi. Est-ce que tu penses que, dans certaines circonstances et sous certaines conditions que nous pourrions définir ensemble, il serait acceptable pour toi que je cède à la tentation ?"...
Bienvenue, en tout cas.
Message modifié par son auteur il y a 13 ans.
Discussion : Perversion narcissique et polyamour
Paul-Eaglott
le lundi 30 juillet 2012 à 10h42
Si on se réfère à la définition, et plus encore à la définition anglosaxonne, le polyamour suppose l'honnêteté, le respect et la recherche de consensus avec ses partenaires.
(Et, pour contredire un peu Wolfram, le polyamour n'est pas être capable d'aimer plusieurs personnes à la fois, c'est choisir une façon d'aborder les questions de non-exclusivité, en optant pour le dialogue honnête, respectueux, etc.)
Donc, comme dit BenjaminL, un "pervers narcissique" peut fort bien utiliser le mot polyamour pour justifier ses manipulations (comme il peut utiliser le mot amour, d'ailleurs), mais a priori, le polyamour, avec sa base de respect et de consensus, est une pratique qui exclut toute manipulation.
Message modifié par son auteur il y a 13 ans.
Discussion : [Théâtre] "Sous ma peau - Le manège du désir", Geneviève de Kermabon, 2012
Paul-Eaglott
le vendredi 15 juin 2012 à 10h24
Cette très jolie pièce, écrite et jouée par Geneviève de Kermabon, aborde avec une saine impudeur la question du désir et du plaisir féminins, et des entraves que notre société leur impose.
Ca se joue jusqu'au 30 juin au Théâtre du Lucernaire à Paris, et je le recommande.
Discussion : [Théâtre] "Sous ma peau - Le manège du désir", Geneviève de Kermabon, 2012
Paul-Eaglott
le vendredi 15 juin 2012 à 10h20
Un spectacle pas polyamoureux à proprement parler (mais qui pourrait sans doute facilement y venir !)
Discussion : Comment aider mon conjoint (mono) à accepter ma relation avec un autre?
Paul-Eaglott
le dimanche 20 mai 2012 à 10h42
Juste une petite remarque discrètement optimiste : je ne crois pas qu'on puisse déjà diagnostiquer, comme semble le faire Popol, que "pour le conjoint de Boucledor le polyamour ne marche pas".
Pour moi, personnellement, le polyamour "marche", mais ça ne m'empêche pas de me retrouver parfois dans l'état de souffrance que Boucledor décrit à propos de son conjoint.
Etre déstabilisé, jaloux, paniqué, du fait qu'une relation nouvelle entre dans la vie d'une de mes partenaires, ça m'arrive aussi, bien que polyamoureux convaincu. (Et tiens, justement, c'est dans ces moments-là que je n'ai aucune envie de rencontrer quelqu'un de nouveau ...)
Bon. Evidemment, moi j'ai choisi le polyamour et je fais donc plus volontiers les efforts nécessaires pour rendre ma jalousie supportable, ce qui facilite énormément les choses et me protège de l'impression que le polyamour "c'est pas pour moi".
Bien entendu, il n'y a rien à généraliser, mais je voulais juste pointer que ce n'est pas parce que pour l'instant le conjoint de Boucledor subit tout cela et le vit douloureusement, et qu'il ne peut pour l'instant pas envisager sereinement que cela se prolonge indéfiniment, qu'il est déjà possible d'en conclure que pour lui le polyamour ne marche pas. (Même si ça reste une hypothèse plausible, bien sûr.)
Message modifié par son auteur il y a 14 ans.
Discussion : Les vertus de la rupture
Paul-Eaglott
le samedi 19 mai 2012 à 17h33
Mais peut-être n'est-il pas totalement inadmissible de demander à ton amoureux de te laisser souffler un peu ? Ou au moins de lui faire part de ce ressenti que tu décris ici, et de réfléchir ensemble pour trouver comment vous pouvez t'épargner ou t'adoucir ce ressenti ?
Discussion : Les vertus de la rupture
Paul-Eaglott
le samedi 19 mai 2012 à 12h38
Mvouif.
On peut aussi considérer que la phase que vous traversez actuellement est la plus compliquée et potentiellement la plus douloureuse, et que c'est un mauvais moment à passer -- que, soit dit en passant, vous négociez carrément bien, en comparaison d'autres histoires ! -- mais que, une fois que vous aurez trouvé les ajustements nécessaires et que les peurs seront apprivoisées, tu retrouveras l'état de non-prise de tête, avec la liberté amoureuse de chacun.
Ca peut prendre quelques mois, voire quelques années avant d'être totalement indolore, mais vous semblez bien équipés pour y arriver. Et quand vous y serez, ça a des chances d'être assez définitif, comme tranquillité d'esprit.
A l'inverse, si vous vous séparez, tu repars à zéro et prends le risque d'être confrontée aux mêmes difficultés d'ici quelques années avec la prochaine personne avec qui tu noueras une relation...
Bon. Cela dit, tu as infiniment raison : c'est compliqué, le polyamour ! Et même quand les choses se passent sans grande douleur, il y a sans cesse besoin de discuter de tas de choses et de passer un temps fou à chercher des solutions à des situations où les intérêts et les désirs de plusieurs personnes sont à prendre en considération. (Ca, s'est le côté "consensus" inclus dans la définition du polyamour, et ce n'est pas le plus facile à mettre en oeuvre...)
Message modifié par son auteur il y a 14 ans.
Discussion : Les vertus de la rupture
Paul-Eaglott
le samedi 19 mai 2012 à 11h15
@Katouchka
Juste pour élargir le champ des possibles à envisager : il y a d'autres alternatives que 1° je te quitte, 2° tu me quittes et 3° on reste ensemble.
Par exemple, il peut y avoir on choisit ensemble de se séparer.
Et même, dans votre cas, où on ne peut pas dire qu'il y ait de conflit, et où les choses se font pacifiquement, on peut carrément aller jusqu'à imaginer on prend le temps d'aborder ensemble, dans un esprit coopératif, les problèmes que pose la relation telle qu'elle se déroule actuellement, en cherchant si des aménagements simples pourraient corriger ce qui est gênant ou douloureux. Et si on ne trouve pas, on évalue ensemble le pour et le contre d'une séparation.
Oui, c'est un peu bisounours. Et alors ? :-P
Mais sérieusement, ce n'est pas du chantage affectif de dire à un moment à ton amoureux "tu sais, je ne suis pas heureuse dans la situation actuelle, parce que j'aurais besoin de me sentir plus rassurée (ou plus valorisée, ou simplement que tu entendes que j'ai parfois mal -- sans forcément prendre en charge la suppression de ma douleur ni t'en sentir responsable, mais parce que c'est déjà apaisant de pouvoir en parler ensemble...)"
Ca suppose aussi que de ton côté tu analyses les mécanismes en jeu en toi, que tu parviennes à identifier quelle "faille" est titillée lorsque tu as mal : quelle peur se réveille, dans quelle insécurité intime tu plonges. Parce que les moyens de vaincre ta douleur ne seront pas les mêmes si, au fond de toi, ce qui fait mal c'est de l'ordre de "j'ai peur d'être abandonnée" ou de "j'ai peur de ne pas être la plus belle princesse du monde", par exemple. (Ce ne sont pas des exemples grotesques : bien souvent, ce qui fait mal quand on est confronté à la non-exclusivité, c'est la résurgence d'une peur archétypale née dans l'enfance, et qui peut sembler tellement infantile qu'elle en devient indicible (parce que vécue comme ridicule) -- quand elle ne s'est pas carrément inscrite dans nos comportements comme un "réflexe", dont il devient difficile d'identifier l'origine.)
Bref : dialogue, introspection et solutions originales peuvent éviter de se condamner à "pour que j'aie moins mal, tu me quittes ou je te quitte ?"
(Je me suis inspiré là de certains chapitres de the Ethical Slut, qui se réfèrent eux-mêmes aux principes de la communication non-violente. Des lectures utiles, le cas échéant...)
Message modifié par son auteur il y a 14 ans.
Discussion : Dire est-il une bêtise? je m'enlise
Paul-Eaglott
le mercredi 09 mai 2012 à 09h13
mouvante
Du coup, je cherche d'autres portes de sortie (que mon mari suggère pour certaines) : je ne l'aime plus (euh oui mais alors pourquoi je n'ai tellement tellement pas envie de le quitter), je l'aime moins, je me trompe dans ce que je ressens pour l'autre homme, c'est une illusion due à mes hormones...?? ?
Tu viens de me donner une super idée, et je vais illico déposer le brevet : il s'agit de mettre au point un amouromètre. Ce sera un peu comme un voltmètre : il y aura deux petits câbles électriques terminés par des électrodes, reliés à un cadran avec une aiguille mobile. On pourra se mettre une électrode sur le coeur et l'autre dans l'oreille (par exemple), et l'aiguille nous dira si ce qu'on ressent c'est de l'amour ou pas.
Sérieusement, tes questionnements touchent à un problème central : c'est quoi, l'amour ?
Personne n'a accès au ressenti d'autrui pour pouvoir comparer nos émotions avec celle des autres et se mettre d'accord sur le sens des mots qui nomment nos émotions, ou sur les symptômes qui nous permettent de repérer qu'il s'agit de telle ou telle émotion.
Comment savoir si l'émotion que Trucmuche nomme "amour", moi -- si je ressentais la même chose -- je ne la nommerais pas "désir", ou "passion", ou "névrose possessive", ou "tendresse", ou "rage libidineuse", ou "troublante curiosité", ou "sérénité"...? Bref, là aussi on est tous plus ou moins paumés, et la sacralisation de l'Amour dans notre culture ne nous aide pas à dédramatiser.
Je crois que cette crispation que nous ressentons souvent pour savoir si "c'est de l'amour ou pas", elle est vraiment liée à la culture dominante. Puisque le sexe et le plaisir, c'est mal, il faut leur trouver une excuse pour les rendre honorables. Cette excuse officiellement valable, c'est l'Amour. Si tu ressens de l'Amour, alors oui, tu peux valablement avoir envie de toucher, de coucher, de jouir et de faire jouir, mais aussi de posséder -- et même de tuer (crime passionnel, c'est parfois acquitté). Si tu n'as pas d'Amour et que tu as quand même envie de partager de la tendresse ou du plaisir, alors tu es dépravé(e), c'est grand péché et tu perds ton honneur.
Dans ces conditions, on est souvent amenés à se demander avec angoisse si ce qu'on ressent c'est vraiment de l'amour, parce que ça peut changer jusqu'à l'image (et l'estime) qu'on a de soi-même.
Personnellement, je trouve que ça décrispe pas mal d'inclure dans la définition de "amour" tout ce qui relève de la bienveillance. Avoir envie de caresser, de partager du plaisir (même furtivement et sans lendemain), de donner de la tendresse, d'offrir un peu de bonheur, etc. au même titre que vouloir faire sa vie avec, être prêt à se sacrifier pour, ne penser qu'à, etc.
Considérer que tout ça est légitime, et ne constitue QUE du positif, et que donc ça se suffit, sans nécessiter d'autre justification, il me semble que ça permet d'évacuer le problème inutilement encombrant et insoluble : "aime-je or not aime-je ?"
Donc, Mouvante, est-ce que tu aimes ton mari ? Peu importe : tu as envie de rester avec lui, c'est une émotion positive et un désir légitime à prendre en compte. Est-ce que tu aimes ton ami ? Qu'est-ce que ça peut faire : tu as envie de le voir et de passer du temps avec lui, c'est aussi un désir légitime à prendre en compte...
Evidemment, c'est mal vu par la société et par la plupart des humains qui la composent. Mais commencer par ne pas culpabiliser soi-même des élans bienveillants et positifs qu'on peut ressentir envers d'autres, ça peut constituer un progrès, et faciliter la recherche de solutions épanouissantes. :-)
Bien sûr, ce que je viens de dire ne résout pas l'autre grande question à laquelle tu es confrontée ; comment faire reconnaître tes désirs comme légitimes à ton mari, qui est pour l'instant en plein accord avec la culture dominante monogame.
Et là-dessus, je n'ai pas de réponse disponible immédiatement.
Message modifié par son auteur il y a 14 ans.
Discussion : Dire est-il une bêtise? je m'enlise
Paul-Eaglott
le mercredi 09 mai 2012 à 06h55
Ray_Striker
Du coup pour moi, tout le monde pouvait être polyamoureux car "aimer plusieurs personnes à la fois".
Cela dit, ça n'empêche pas : tout le monde peut être polyamoureux, mais ça suppose de dialoguer honnêtement et de rechercher un consensus. Et parfois de se heurter à l'échec.
Ray_Striker
Et par exemple, avoir plusieurs partenaires sans avoir aucun sentiment pour eux, mais qu'ils soient tous au courant et OK rentre dans la définition du polyamour ?
Dans la définition anglo-saxonne que j'ai choisi d'adopter, oui oui oui ! :-)
(Cela dit, "n'avoir aucun sentiment", c'est un peu un exploit de froideur, et je n'arrive pas bien à imaginer. Ce que j'imagine plus facilement, c'est d'avoir des partenaires qu'on aime bien, et pour qui on a de la tendresse ou du désir, sans qu'il soit question d'amour.)
Ray_Striker
Dans le cas de mouvante, le fait d'en parler avec son mari et essayer de trouver un consensus, c'est ça le polyamour, et non pas le fait d'être amoureuse (ou non) de deux personnes à la fois.
Absolument.
Ou tout au moins, c'est une tentative de passer au polyamour ; parce que si aucun consensus n'est trouvé, ou si son mari n'accepte jamais le principe d'une non-exclusivité, on ne pourra pas vraiment parler de polyamour : il y aurait alors soit rupture, soit soumission de l'un des deux aux exigences de l'autre, soit poursuite d'un adultère dans le mensonge.
Le polyamour suppose une forme d'éthique : ne pas forcer la main, être honnête dans l'énoncé de ses propres désirs mais être prêt à renoncer à les vivre tant qu'on ne trouve pas de consensus avec les partenaires concernés... Ca n'est pas la liberté totale où chacun fait ce qu'il a envie de faire sans tenir compte des autres (sauf s'il a la chance que lesdits autres soient totalement souples, sans failles et sans exigences, mais est-ce que ça existe ? ) Du coup, le polyamour, c'est parfois compliqué, frustrant et éprouvant, souvent fatigant. Et ça ne convient pas à tout le monde. Pour bien des gens, l'adultère et le mensonge sont une façon de procéder plus adaptée que le polyamour. Et je m'abstiens de tout jugement à leur endroit.
Ray_Striker
Y compris dans ce forum, la définition première n'est pas la même pour tout le monde j'ai l'impression...
C'est le moins qu'on puisse dire. (J'ai même trouvé un inscrit qui dit de lui-même "je suis polyamoureux, mais heureusement que ma femme ne le sait pas : elle ne le supporterait pas !")
C'en est souvent décourageant, parce que du coup, ne parlant pas de la même chose sans toujours en être conscients, les forumeurs se comprennent mal, que ça génère des malentendus dans tous les sens, des mises au point envahissantes, et qu'il est difficile pour ceux qui viennent chercher un avis "éclairé" de s'y retrouver.
Ben tu vois, Ray_Striker : toi et moi ça doit être du polaymour, parce qu'on a fini par trouver un consensus ! (Va falloir que je me repenche sur la définition, parce que j'ai l'impression que j'ai zappé une dimension, là... :-D )
Message modifié par son auteur il y a 14 ans.
Discussion : Comment aider mon conjoint (mono) à accepter ma relation avec un autre?
Paul-Eaglott
le mardi 08 mai 2012 à 23h11
Il y a plusieurs axes à explorer, simultanément ou non.
L'un d'entre eux est de bien comprendre que ce qui s'exprime à travers le "problème" de ton mari, c'est une de ses propres névroses (même si ce mot n'est peut-être pas le bon). Ce qui le fait souffrir, c'est un manque de confiance en lui-même, qui le pousse à imagine que "l'autre" est un meilleur amant, qui te met dans des états incroyables que lui-même (ton mari) est moins bien, insuffisant, etc. C'est bien humain, mais c'est à lui de faire le travail d'introspection qui lui permettra de comprendre d'où lui viennent ses projections angoissantes et de les résoudre. Donc, a priori, TU ne peux pas le rassurer. Tu peux lui témoigner que tu l'aimes et le désires autant qu'avant que tu aies un ami, et que tu apprécies vraiment le plaisir qu'il te donne, mais ça ne suffira sans doute pas.
A l'inverse, il serait sans doute contre-productif (ou mensonger et donc insatisfaisant) de chercher à dévaloriser aux yeux de ton mari ce que tu vis avec ton ami. Donc ce n'est sans doute pas dans ce sens qu'il faut t'aventurer.
Toutefois, même si ce sont ses névroses et qu'il en est responsable, il n'en est pas coupable! Et il est important que, sans chercher à y répondre (ni à le rassurer puisque ce n'est pas de ton ressort), tu entendes la souffrance qu'il exprime, et qu'il sache qu'il peut t'en parler sans que tu le rejettes ou le juges. Ca ne le rassurera pas, mais tu peux peut-être le remercier d'accepter d'endurer ça pour te permettre de vivre ton autre relation, et lui reconnaitre sa part de générosité et... d'héroïsme... Et aussi l'encourager à faire ce qu'il faut pour se débarrasser de ses fantasmes angoissants.
Maintenant, il y a aussi des petits trucs pratiques qui peuvent éventuellement aider. Il se peut que ton mari se fasse une image fantasmatique de ton ami en "homme idéal", et que le simple fait de le rencontrer permette de ramener ton ami à des proportions humaines aux yeux de ton mari. Et ça peut tout dédramatiser d'un coup. Dans le même ordre d'idée, et sans vouloir vous inciter à la débauche, partager une expérience sexuelle tous les trois peut éventuellement être un antidote aux projections fantasmées.
Mais de telles rencontres peuvent aussi être à doubles tranchants, ou avoir un effet inverse de celui escompté. Alors je me garderai de te les conseiller trop vivement.
Enfin, et très simplement, si les visions angoissantes de ton mari sont particulièrement aiguës aux moments où tu vois ton ami, il faut qu'il s'occupe dans ces moments-là d'une façon suffisamment accaparante, soit en voyant des amis (ou encore mieux une amante !) soit en se lançant dans des activités qui lui occupent l'esprit sans qu'il soit facile de s'en extraire.
Ou que vous vous mettiez d'accord pour qu'il ne sache pas quand tu vois ton ami, si ça lui paraît préférable. Auquel cas, ça te contraint à dissimuler des parts de ton emploi du temps, mais c'est différent d'un mensonge, s'il est d'accord pour que tu lui caches.
Evidemment, ces derniers conseils n'ont pas de valeur si les angoisses de ton mari sur la supposée supériorité sexuelle de ton ami sont présentes à tout moment. Mais bon, ça pourra servir à d'autres... :-)
Message modifié par son auteur il y a 14 ans.