Participation aux discussions
Discussion : Agressions sexuelles. La parole (manquante) des hommes.
alinea7
le lundi 01 juillet 2019 à 21h40
La manipulation n'est peut-être pas comparable à une agression franche, mais ça peut être mal vécu aussi. Dans le cas d'un homme on a peut-être plus de difficulté à supposer qu'il va pouvoir regretter d'avoir été manipulé pour avoir des relations sexuelles. Pourtant je ne vois pas pourquoi ce serait moins le cas que pour une femme.
Moi je pense que ça peut être humiliant après coup de ne pas avoir réussi à résister à des avances. On peut se sentir faible et s'en vouloir énormément sachant que ce n'était pas ce qu'on voulait consciemment.
Et du coup si, je crois qu'on peut le vivre a posteriori comme une forme de viol. Au lieu de désactiver le refus par tétanie, on l'obtient autrement, en activant un désir purement physique. Le corps et le mental ne sont pas forcément alignés.
D'ailleurs, et là je reconnais que je ne sais pas directement de quoi je parle, j'avais lu que c'était un aspect problématique pour les victimes de viol lorsqu'elles culpabilisent en plus d'avoir ressenti un plaisir physique (qui ne concerne pas toutes les victimes de viol et qui apparemment peut s'expliquer physiologiquement mais encore là, je ne sais pas si le propos rapporté est fiable).
Je trouve en tout cas que la manipulation pose la question du consentement aussi. A minima.
Message modifié par son auteur il y a 7 ans.
Discussion : [Site] Des difficultés de la vie d'un forum
alinea7
le samedi 08 juin 2019 à 22h43
oO0
Ce n'est jamais facile de trouver sa place, puis de continuer à se sentir à sa place dans la vie d'un forum comme dans la vie. Comment en parler ?
Très/trop égoïstement, merci !!
Déjà, de me faire réaliser que mes participations ont diminué à cause de ce type de doute.
Aussi, merci de m'offrir cette impression d'harmonie assez rare avec quelqu'un qui semble partager mon excès de questionnement.
Mais peut être que tu poses la question de manière générale.
J'ai souvent l'impression d'être entourée de personnes pour qui agir est simple et qui ne perdent pas d'énergie à analyser tout ce qui entoure leur façon d'être ou de faire. Et je les envie !!!
Et ce n'est pas si fou : parce que si ce n'est pas spontané mais réfléchi, on se retrouve à occuper la place qu'on pense avoir, et donc déjà se placer en dehors de celle qu'on était en train d'obtenir.
Donc participer spontanément est peut-être la seule façon d'être à son authentique et juste place.
Et en même temps, ma façon authentique d'être, c'est d'avoir ce genre de doute. Donc je ne suis pas la bonne personne pour répondre à ta question je crois.
A y réfléchir, je doute même que mon post apporte quelque chose à ton fil ! ^^
Discussion : Au fond du trou
alinea7
le dimanche 19 mai 2019 à 17h42
Siestacorta
Je te culpabilise pas, hein. C'est pas parce que tu peux faire quelque chose pour toi que c'est facile à faire, ni que toutes les difficultés que tu connais sont de ta responsabilité pour ne pas avoir pu travailler sur toi avant. Les raisons de ne pas parvenir à avancer, quand le mal est intérieur, sont légitimes et puissantes.
Je te dis seulement que ce travail vaut la peine, quel que soit le temps que tu prends à le faire ou le commencer.
Message modifié par son auteur il y a 3 heures.
C'est beau ça s'applique à pas mal de causes de mal être. Voire à tout un chacun.
Discussion : Le rayonnement en disgrâce ?
alinea7
le samedi 18 mai 2019 à 20h49
Caoline
Les violeurs non plus n'arrivent pas à se contrôler...
Du coup c'est acceptable, on ne doit pas leurs en vouloir, on doit les laisser être eux même ?
Pour moi c'est vraiment du delire de ne pas voir la différence entre être troublée, balbutier et avoir une attitude de séduction active rentre dedans même quand il n'y a pas de retour ou un retour négatif, ou quand il y a un retour positif devant une autre personne que ça blesse...
La première attitude peut être gênante, la seconde est une agression. Si on est pas capable de ne pas agresser il faut se faire soigner, se mettre ou être mis hors d'état d'agresser. Et ce n'est pas parce cette attitude de drague lourde est courante qu'elle est acceptable.
(+) (+)
Discussion : Le rayonnement en disgrâce ?
alinea7
le samedi 18 mai 2019 à 15h02
Il y a des gens pudiques qui mettent du temps avant de se sentir suffisamment en confiance pour s'ouvrir un peu. Et qui peuvent se sentir agressés par l'expansivité de quelqu'un, par quelqu'un qui rentre dans leur bulle sociale. Faut-il les tuer à la naissance ? Ou ont-ils le droit de ne pas être en affinité avec cette extraversion ?
J'aurais tendance à dire que chacun est tel qu'il est mais qu'on ne peut avoir l'attente de plaire à tout le monde. En vouloir à ceux qui n'aiment pas ce genre de comportement, c'est dommage : choisissent ils de réagir en fonction de qui ils sont eux-mêmes ?
Discussion : Le "polyamour" n'est-il pas en fin de compte une escroquerie intellectuelle?
alinea7
le vendredi 03 mai 2019 à 22h15
oO0
Pour ce qui est de la sensation douloureuse dont Laancelot parle, cette sensation physique d'une personne étrangère à soi dans la vie érotique d'une personne aimée, oui, elle existe. Oui, tout le monde peut la connaître, mais de la à définir pour tout le monde ce qu'est l'amour ...
Personnellement, lorsque cette sensation peut me saisir, tout de suite j'ai le sentiment de promiscuité de m'immiscer dans la vie intime d'une personne, non, deux personnes. Ce n'est même pas la sensation de "tenir la chandelle", mais de regarder par la serrure d'une chambre où je n'ai pas ma place, la sensation de violer une intimité qui n'est pas la mienne. La seule manière dont cette sensation me semble encore respecter la vie privée et intime de l'autre, des autres, c'est lorsque je reconnais qu'elle est simplement l'expression de la sensation de manque de tels gestes intimes, de la confiance propre à l'érotisme. Et la sensation douloureuse de ce manque s'apaise assez vite avec la chance d'avoir eu la chance de connaître cette confiance et me reconnecter à cette chance réveille chez moi la peur et le désir de ne pas trahir cette confiance.
Message modifié par son auteur il y a 7 jours.
Merci pour cette qualité d'introspection, ça m'aide à comprendre comment cette douleur peut être dépassée par certains (et d'autres feront autrement et ça m'intéresse aussi).
Là où je bloque, c'est dans le fait que c'est en train de se produire, que j'y pense ou non, et c'est plus cette idée que j'ai du mal à dépasser. Encore plus qu'une perte de contrôle, c'est une perte du lien. Je n'arrive pas à penser un lien en pointillés temporels et je n'arrive pas non plus à penser un lien inaltéré qui coexiste.
Je sais, je me sens intrinsèquement limitée de ce côté. Je penche pour des troubles du spectre autistique... ^^
Blague à part, j'ai toujours eu l'impression de passer après tout le monde dans mon enfance, il y avait toujours une bonne raison de répondre aux besoins de quelqu'un d'autre plutôt qu'aux miens. Dire que je suis insécurisée par la compétition est en dessous de la réalité, j'ai automatiquement l'impression que je disparais de l'équation s'il y a quelqu'un d'autre au même niveau d'intimité.
J'en viens à considérer que finalement à l'âge adulte, c'est toujours chacun pour soi avec tout le monde, même en couple. Je trouve ça triste j'espérais avoir une dimension de vie et au moins une personne avec qui il n'y aurait pas de conflit et uniquement la recherche bienveillante d'un mieux commun (dans le sens, pas au détriment l'un de l'autre).
Mais à l'usage, assumer le conflit c'est pas si mal. A l'inverse de ce que je pensais, ça ne tourne pas au pugilat. A partir du moment où je reconnais que le conflit est inévitable j'assume mieux ma position, la discussion est plus claire. Ça ne m'empêche pas d'éprouver de l'empathie et c'est plutôt mieux que plonger dans le ressenti de l'autre en totale sympathie jusqu'à perdre mon propre point de vue, mon propre intérêt, jusqu'à mes arguments. Reste à me débarrasser de cette tristesse...deuil de la fusion ? Déni de solitude ? Recherche d'un espace rassurant sans conflit ? Encore la faiblesse de responsabiliser quelqu'un de comment je me sens en ayant l'attente qu'on évite le conflit ?
Et aussi, en fait, au final, si c'est pour vivre du chacun pour soi en couple, je ne vois plus trop l'intérêt ?
Mais là c'est moi qui me re-perds à confondre une quête de sens et une quête de confort...ou de sécurité ?
Bleh, je me suis perdue en route. Du coup si vous avez des pistes je suis preneuse. Et puis ça a plus trop de rapport avec le sujet du fil, du coup je peux peut-être rapatrier ça sur mon fil de discussion ? Pas trop sûre de rien ce soir... :-/
Discussion : (Chap1) - Notre histoire...
alinea7
le mercredi 01 mai 2019 à 23h41
Aucune place n'est facile. Je trouve que tu parles beaucoup de ce que vit Mathilde, comment et pourquoi. Ça dénote une grande sensibilité. Mais je trouve étrange que tu décrives avec plus d'empathie ce qu'elle vit que ce que tu vis.
Ta tristesse est légitime. Aussi légitime que la fatigue de Mathilde ou l'insécurité de Paul.
Discussion : [Lexique] Monoamour(s) —tentative de définition—
alinea7
le vendredi 26 avril 2019 à 08h24
J'ai pas beaucoup de temps pour développer en ce moment mais je le regrette...!
Je trouve que même si monoamour ne sert que dans le contexte du polyamour il reste qu'un terme serait intéressant pour dissocier certains concepts qui vont ensemble du fait de notre société monogame. Ne serait ce que pour éviter des digressions vers des débats qui ne sont pas toujours le sujet.
Je pense qu'il est clair que chacun peut aimer plusieurs personnes. Pour moi l'exclusivité amoureuse ne tient pas tant au fait qu'on ne puisse aimer qu'une personne, ça se rapporterait plus au besoin d'appartenance à un groupe sur la solidarité duquel on peut compter, quitte à faire des actes à son détriment personnel ponctuellement parfois, en sachant que les membres du groupe sont capables de la même abnégation ponctuelle en retour.
Et à la croyance que cette solidarité est fiable si un autre groupe de même importance peut coexister.
Peut-être que ça tient à l'insécurité sur la réponse à ses besoins affectifs, à l'insécurité sur la gestion des conflits, à la croyance qu'ils sont inévitables et qu'ils rendent impossible le même niveau de solidarité, de bien-être affectif ?
Discussion : La monogamie ne marche pas
alinea7
le jeudi 25 avril 2019 à 13h58
Si pour considérer qu'un système "marche" il faut qu'il n'y ait aucun contre-exemple accroc défaut ou inadéquation...ben aucun système ne marche.
L'impôt ne marche pas, il y a de la fraude.
La reproduction sexuelle ne marche pas, il y a des fausses couches.
Etc.
Pour considérer d'un point de vue échec/succès, il faut un objectif à atteindre et un critère de succès. Ce serait quoi le critère de succès d'après vous sur la monogamie ? Sur n'importe quel système de relation amoureuse ?
Édit : et l'objectif ?
Message modifié par son auteur il y a 7 ans.
Discussion : C'est terrible ce polyamour
alinea7
le mercredi 24 avril 2019 à 16h15
@bidibidibidi @Lenah:
Je suis très intéressée par vos échanges !! Je n'ose pas m'immiscer mais si vous voulez continuer sans détourner le sujet de ce fil, peut-être qu'il y aurait moyen de créer un autre fil de discussion ?
Pour ma part j'ai l'impression qu'il y a un amalgame qui est fait entre le monoamour et la croyance au mythe de l'âme sœur.
Discussion : En quête de devenirs
alinea7
le lundi 22 avril 2019 à 21h16
Je déduis de ta formulation que ta demande d'aide concerne le fait d'arriver à vivre amoureusement avec ce qu'elle souhaite te donner. Pourtant tu dis que tu as failli mourir de ta précédente décision (!)
Tu parais dans une démarche masochiste du type "je cesserai de souhaiter recevoir de l'amour d'une façon qui me convient, je prendrai ce qu'elle donne, comme elle le donne, quand elle le donne". Et clairement (et de façon assez compréhensible) cette configuration te fait souffrir, donc j'ai envie de te dire : pourquoi t'infliges-tu ça !?
Mais si pourtant tu veux aller vers la tolérance à la vie amoureuse de ta dulcinée, un conseil récurrent est déjà de te donner l'importance que tu mérites et apprendre à te sentir bien par tes propres moyens. Tu l'as peut-être déjà lu mais sinon je te recommande la lecture de ce post récent.
Prendre soin de toi, te connaître et développer ta vie sans elle pour en faire un espace dans lequel tu es bien, c'est un des conseils les plus utiles que j'aie trouvé. Mais il est à double tranchant.
Pour moi, me recentrer sur moi m'a permis d'entrevoir une vie dans laquelle, suffisamment indépendante, je ne souffrirai pas de l'indépendance désirée par mon compagnon de vie notamment dans le domaine amoureux. Pour autant, même comme ça, je ne suis pas attirée par le polyamour. Si ça arrive j'essaierai de faire au mieux mais je n'ai pas envie de souffrir démesurément pour trouver/créer un équilibre.
Un autre conseil serait de communiquer. Trouver un équilibre ne se fait pas pour le bonheur de deux au détriment d'un troisième qui s'humilie en subissant. Où est le polyamour là dedans...!?
Si ton ex et ton ami ne sont pas prêts à faire le moindre effort pour te faire une place et que tu t'y sentes bien, tu ne pourras pas faire fonctionner le schmilblick à toi tout seul sans te brûler. D'ailleurs est-ce dans leurs options ??? Car je ne comprends pas bien ce passage :
poupistyle
Elle me dit que c’est parce qu’elle voulait retrouver sa liberté. Ils sont ensemble maintenant, en vacances « thérapeutiques ».
Message modifié par son auteur il y a 7 ans.
Discussion : C'est terrible ce polyamour
alinea7
le lundi 22 avril 2019 à 18h59
@Lenah : ton message vient me chercher tellement que je l'ai relu plusieurs fois. Tes mots placent ma pensée en germe.
Je voulais citer ce qui me parle le plus mais je me suis rendu compte que c'était le message quasi complet.
J'ai moi aussi vu plusieurs fois le polyamour vendu avec l'argument selon lequel le monoamour ne marche pas. Preuve les adultères et divorces. Et j'ai envie de dire : ça ne prouve pas pour autant que le polyamour "marche". Je crois même le contraire. Il n'y a pas de mode de vie qui garantisse le succès en amour.
Il n'y a que le mode de vie qui nous appelle. En tout cas c'est mon avis.
Et je compatis avec Isabellaa autant qu'avec tes partenaires. Faire de cette situation un mieux inattendu pour tout le monde, tout un défi...
Discussion : « Être féministe et en relation avec un mec cis »
alinea7
le mercredi 17 avril 2019 à 10h36
J'ai croisé sur un t-shirt une définition de féminisme que j'aime bien. C'était écrit "feminism: radical notion that women are people" / "féminisme : notion radicale selon laquelle les femmes sont des personnes".
Pour moi être féministe c'est considérer une femme par défaut comme quelqu'un d'aussi évolué et entier qu'un homme, bref c'est être normal.
Dans ce cadre je ne vois pas en quoi les hommes ne pourraient pas être féministes. Que ce soit leur "combat" ou pas.
Discussion : Partage d'expérience pour un début de vie dans le polyamour...
alinea7
le vendredi 12 avril 2019 à 21h24
Ce n'est pas elle qui t'a parlé de sa relation avec lui. Ce n'est pas elle qui est venue te parler de polyamour. J'ai l'impression que tu fais beaucoup de chemin pour vous deux. Et elle, est-ce qu'elle en fait du chemin pour que ça fonctionne pour toi ?
Votre relation si elle est une base, un fondement pour elle, elle en prend pas tellement soin si elle indique qu'elle fera comme elle veut quel que soit ton ressenti...ou bien est-ce que tu es tellement acquis et discret qu'elle ne réalise pas l'importance que ça a pour toi ? Que tu as (ou n'as pas) pour elle ?
Qu'elle ait envie de faire comme elle veut, ben c'est normal. On aimerait tous que la vie se déroule comme on la rêverait. Mais est-ce qu'elle peut pas temporiser ? C'est peut-être pas tout ou rien, c'est peut-être juste pas tout tout de suite, ou un seul.
Prends soin de toi.
Discussion : C'est terrible ce polyamour
alinea7
le jeudi 11 avril 2019 à 09h00
Je réfléchis beaucoup ce matin et j'ai une autre idée : les comportements que tu espères (changer les draps, ranger les affaires, plus de place dans le calendrier), est-ce que tu ne pourrais pas les mettre en place avec lui, plutôt que surveiller qu'il le fasse et être au taquet pour dire qu'il ne te respecte pas s'il oublie ?
Je dis peut-être une bêtise mais, si vous changez les draps ensemble ou que vous rangez/remisez les affaires de l'autre amoureuse ensemble, symboliquement, vous êtes tous les deux en train de faire une place pour toi, pour que tu ne te sentes pas un extra pendant le temps où tu es là.
Et comme ça, ce n'est pas négociable. Ça met une limite. Pas d'oubli. Toi tu n'oublieras pas puisque c'est important pour toi.
Discussion : C'est terrible ce polyamour
alinea7
le jeudi 11 avril 2019 à 08h52
Tu lui demandes de te rassurer et d'arrêter de te faire sentir un extra. Dit comme ça c'est abstrait donc j'imagine que tu ne le dis pas mais que c'était corrélé aux sujets que tu as réabordé avec lui et que tu l'as dit clairement, du type "quand tu fais ci ou ça, je me sens mal parce que ça me donne l'impression que je suis un extra".
Que déjà, ce soit clair où il peut changer des choses.
L'étape "quand tu fais ci ou ça, je me sens mieux" est au moins aussi importante. Est-ce que tu t'es posé la question de ce que pourrait faire concrètement ton amoureux ? Imagine que ça y est tu es complètement rassurée, ton amoureux a des tas de comportements qui te permettent d'être sereine sur le fait que tu comptes pour lui. Quels sont ces comportements ?
Après, idéalement il y a juste à voir avec lui s'il pourrait en adopter certains. Ou d'autres qui seraient équivalents.
Et idéalement, tu verras peut-être que tu te sens mieux dans la relation.
En pratique, ce n'est pas forcément si simple. On peut s'accrocher à une négligence subie, à la responsabilisation de l'autre par rapport à notre satisfaction.
Parce que c'est plus confortable d'attendre une place de choix et râler qu'on ne nous la donne pas spontanément. Parce que ça permet d'entretenir une amertume par rapport à la croyance qu'on a de notre place dans le monde.
C'est plus simple de rester vexé et passif agressif, qu'admettre que nous sommes notre propre obstacle à notre épanouissement, à notre propre prise d'une place qui nous conviendrait mieux.
Bref, tout ça pour dire encore une fois qu'un suivi psychologique, ça peut pas faire de mal.
En bout de ligne, indépendamment de si c'est le cas ou non, si tu étais effectivement un extra pour lui, ça ne ferait pas de toi un extra tout court. Tu as une place centrale dans ta vie et tu mérites de trouver/créer un espace qui te correspond. Prends ta place dans cette vie, avec lui et encore plus en dehors.
Discussion : C'est terrible ce polyamour
alinea7
le jeudi 11 avril 2019 à 00h07
Effectivement, la déclaration de guerre ce n'est pas la personne qui laisse traîner ses affaires, c'est celle qui les confisque.
De ce que j'ai compris, il ne s'agit pas de laisser des affaires mais de laisser traîner des affaires en évidence.
Par ailleurs (citation redpsy violence) :
Il n’est pas facile de déterminer si un comportement est violent ou non. Pour y arriver, il faut examiner l’action concernée de deux points de vue: celui de la personne qui subit et celui de son auteur. Ces deux dimensions ne concordent pas toujours et il arrive que quelqu’un soit violenté sans que l’auteur n’ait fait preuve de violence.
S'il est pour le moment violent pour Isabellaa d'être confrontée aux affaires de sa métamour, qui est-on pour dire que ce ressenti n'est pas justifié ?
Si elle demande à ce que ça ne soit pas le cas, et que les choses empirent, qui est violent ?
Après, certes, on ne sait pas comment ça a été demandé.
Je maintiens que le mieux c'est comprendre les motivations de la personne et essayer de lui permettre d'y répondre mieux d'une façon qui ne nous est pas violente.
Mais par ailleurs, quand on subit un comportement qu'on trouve intolérable, c'est très efficace de cesser de porter seul l'évitement de conflit. Et pour ça rien de tel que de se décharger des efforts qu'on fait pour ménager la paix des chaumières alors qu'on vit mal quelque chose. Surtout si la voie diplomatique CNV a échoué plusieurs fois.
De toute façon, en bout de ligne, ces affaires qui traînent, il me semble que ce n'est pas le vrai problème. J'ai l'impression que le problème c'est surtout qu'Isabellaa se sent dans une position annexe. Je ne sais même pas si ce ressenti relève en particulier de cette relation ou d'une place subie dans le passé parce qu'elle mettrait spontanément une limite sans que ça ne s'envenime. Et bon, mettre une limite proportionnée, c'est comme séduire, ça s'apprend et on part pas tous avec le même bagage.
Et donc toutes les stratégies ne changeront pas de quel endroit elles sont mises en oeuvre. Ce qui est vraiment important Isabellaa c'est que tu te donnes de l'importance.
Pour t'aider je recommande chaudement le livre Émotions enquête et mode d'emploi d'Art-mella, surtout le tome 1. C'est une BD rapide qui expose plusieurs techniques d'accueil et de gestion des émotions. C'est vite lu donc autant l'emprunter si tu peux.
Exemple 1 : pour neutraliser une pensée, écrire sa pensée et réaliser que l'interprétation qu'on en fait et son contraire sont aussi vraies. "Quand elle laisse traîner ses affaires j'ai l'impression qu'elle ne me respecte pas et que je ne suis pas importante". Reformuler en commançant par "c'est justement parce que". Dans notre cas : "c'est justement parce qu'elle me respecte et que je suis importante qu'elle laisse traîner ses affaires". Après tout c'est vrai, la preuve ça s'est accentué depuis que tu as demandé que ça cesse.
Exemple 2 : pour annuler une pensée. Formuler le reproche qu'on a envers quelqu'un. "Je trouve qu'il ne me donne pas assez d'importance. Il ne prend pas soin de moi autant que d'elle/lui/eux." Et se l'adresser : "Je trouve que je ne me donne pas assez d'importance. Je ne prends pas soin de moi autant que d'elle/lui/eux."
Mes phrases sont tirées de tes posts mais ce sera plus pertinent si c'est toi qui formules.
Ah aussi, mentionné sur ce post, la technique du bonhomme allumettes. J'ai essayé et j'ai été bluffée, je me suis sentie libérée pendant plusieurs jours d'un très grand poids. Et je ne me rappelle plus ce que j'ai découpé donc je ne saurais dire si c'est revenu. On ne sait jamais, si ça te permet de voir les choses différemment et d'envisager d'autres façons de vivre cette situation ou de mettre une limite...ou pas. Ce n'est pas si facile de se décider. Je crois qu'on s'abrite derrière la simplicité et la légèreté voire le ridicule de la technique pour ne pas se lancer. Mais en fait, on s'accroche plus qu'on ne pense à ces situations qu'on ne vit pas bien. Elles disent quelque chose de nous.
Défais toi de tout ça, c'est dommage que ça t'empêche de profiter de ton amour. Au final, la guerre des nerfs, tout le monde en souffre, et ça se finit rarement positivement.
Message modifié par son auteur il y a 7 ans.
Discussion : C'est terrible ce polyamour
alinea7
le mercredi 10 avril 2019 à 19h18
Moi je t'admire je trouve que tu gères bien mieux que ce dont je me sens capable.
Je me demande si tu as ou si tu envisages un suivi psy ? Pas que tu sois malade mais un peu de soutien pour te définir dans tout ça, ce serait peut-être aidant.
Je pense que ta colère/haine potentielle envers l'autre amoureuse est naturelle parce que ce n'est pas le genre de situation dans lequel on apprend à se projeter, et que la frustration cherche un exutoire.
Naturelle, mais improductive. Voire contre-productive.
Étant donné que votre relation est encore relativement récente, je pense que c'est assez spontané aussi que tu aies l'envie de vivre cette relation à fond, et le partage du temps y met un frein.
J'ai l'impression que tu n'as pas envie d'être confrontée au fait que ton amoureux a une autre amoureuse. Ça n'est pas ce qui te convient, ça n'est pas ce que tu recherches, tu le subis plus que tu ne l'acceptes. A priori, si ça n'est pas ce que tu recherchais, tu vas passer par toutes les étapes du deuil : Déni, Colère, Marchandage, Dépression, Acceptation. En bout de ligne je ne crois pas que tu puisses décider vers quoi ce travail de deuil va t'emmener : le quitter ou accepter de partager.
Ce qui est sûr c'est que tu ne peux qu'essayer de mettre en place une situation dans laquelle tu te sens respectée. Si tu as besoin de ne pas être confrontée à l'autre amour, effectivement, pour l'instant, essaie de ne pas l'être. Si les draps et les affaires ne te conviennent pas, soit tu arrives à faire comprendre que c'est important pour toi et tu es assurée de leur coopération, soit ce n'est pas le cas et c'est à toi de chercher ce que TU peux mettre en place pour te mettre en position d'être respectée. Dans la mesure où tu as signifié que c'était important pour toi, c'est un manque de respect de ne pas en tenir compte. Dans ce cas tu as plein de stratégies.
Déclaration de guerre : laisser des affaires à toi, ou confiscation des affaires jusqu'à ce que ton besoin soit entendu (je mets cette stratégie en premier mais je ne recommande pas, même si la "guerre" est déclarée par l'amoureuse qui continue en sachant que ça t'es difficile, et te manque ainsi de respect).
Ce que j'appelle l'autre joue : récompenser chaque affaire qui traîne par un cadeau, un mot doux, une fleur, etc. Si la personne fait ça parce qu'elle te déteste, elle arrêtera immédiatement. Si elle le fait parce qu'elle pense que tu la détestes, elle sera rassurée et arrêtera aussi.
Ou encore : accueillir ton amoureux chez toi. Ou encore : vous retrouver ailleurs.
Bref, des solutions il y en a PLEIN. Tu peux choisir d'arrêter de subir, même si ça risque de demander de l'énergie. Plus en tout cas que de demander et espérer que les autres fassent ce que tu demandes à la lettre. Mais ça rouvre tous les possibles.
Globalement, chaque fois que je constate peu de réponse à mes demandes, avec un peu de discussion posée, bienveillante et sereine, je réalise que ma demande concrète a été entendue mais pas le besoin sous jacent. Et que globalement ce que j'avais proposé comme moyen pour répondre à mon besoin (me sentir aimée, respectée, etc) ne convient en fait pas à mon interlocuteur comme réponse à ce qu'il a compris.
Donc soit insister sur ce que ça te fait ressentir : c'est non opposable et exposable à chaque fois.
Soit chercher d'autres méthodes pour te sentir mieux et qui conviennent à tout le monde.
Globalement, c'est sûr que c'est plus compliqué pour eux depuis que tu fais partie de l'équation. Mais il faut que tu tiennes ton bout : tu fais partie de l'équation, maintenant.
Voilà. J'ai sûrement pas le discours mainstream sur ce forum mais il faudrait quasiment un forum pour polyacceptant en devenir. Nos souffrances ne sont compréhensibles ni pour le commun normé des mortels qui ne voient même pas pourquoi on essaierait de rester en couple, ni pour les polyamoureux qui dès qu'on sort du ressenti bisounours voient facilement des entraves à leur liberté, tentatives de les posséder corps et âme, etc.
Discussion : Mono en déconstruction
alinea7
le mercredi 06 mars 2019 à 13h13
Caoline
J'ai envie de partager mon ressenti sur cette partie de ton message car il me semble y avoir là sujet à réflexion.
En lisant ça j'ai l'impression que ta femme est ta possession, ton bien, ton objet ou ton esclave.
En effet tu pourrais te demander pourquoi tu y vois une possession.
Devrait il s'abstenir d'indiquer sa limite ? Subir un cadre relationnel qui ne lui convient pas (encore) ? Laisser quelque chose s'installer qu'il ne supporte pas (encore) ?
Je ne comprends pas trop : comment laisser les choses s'installer dans le respect, sinon ?
Message modifié par son auteur il y a 7 ans.
Discussion : Polybéral #2— le style d'attachement et les metamours
alinea7
le mercredi 13 février 2019 à 17h38
artichaut
Ça ce n'est pas au niveau d'un polyfake ou pas-polyfake que ça se joue, mais au niveau de conceptions différentes (et non forcément définitives, ni inéluctables !) de ce que peut être le polyamour, de ce pourquoi on a envie de le pratiquer, le promouvoir, etc. donc de types de polyamour qu'on peut éventuellement énoncer, auxquels ont peu ou non, s'identifier partiellement, desquels on peut naviguer de l'un à l'autre, etc.
On peut m'opposer qu'étant mono je ne sais pas de quoi je parle, mais pour moi on peut avoir ce type de personnalité et être exclusif. Tu parlais de charge mentale, il se trouve que quelque soit l'activité extérieure pratiquée (amoureuse, sport, pro), ça peut être fait de façon "respectueuse" (faute d'un meilleur mot) ou unilatérale.
Et :
artichaut
Alinea7
Ça me donne l'impression d'un doute que l'être aimé n'abuse de son statut de façon toxique.
Et ça arrive malheureusement.
D'où une extrême vigilance nécessaire, en effet.
Ça me fait drôle que tu dises ça. Moi ça ne me parle pas du tout comme peur. Je ne suis pas vigilante là dessus. J'ai confiance. Je ne saurais même pas dire si c'est en moi ou en l'autre ou en la vie.
Tout d'un coup je me demande si je suis naïve, ou si c'est le genre de chose qu'on ignore tant qu'on ne l'a pas vécu, et qu'on voit partout où en tout cas qu'on ne peut plus ignorer une fois qu'on l'a vécu.
Je vis la même chose pour l'abandon en revanche : une fois qu'on l'a vécu, on ne peut plus faire abstraction du fait que ça puisse se produire. Et manifestement, ceux qui ne l'ont pas vécu, ça ne leur parle pas. Et ils ne voient pas pourquoi ils s'en protègeraient, donc, ni même pourquoi ils seraient vigilants sur ce point.