Participation aux discussions
Discussion : Ruptures en cascade
LuLutine
le mercredi 14 septembre 2016 à 11h45
Peut-être qu'il n'y a rien à "gérer" ?
(Oui je sais ça me va très mal de dire ça, je ne suis pas un exemple en la matière....)
Bon, pour le concret, il semble urgent que votre ex-amoureuse trouve un nouveau logement. Mais pour le reste....
Tu peux peut-être développer tes relations amicales en attendant de faire de nouvelles rencontres amoureuses ?
Discussion : S'auto-suffire nécessite-t-il un minimum de distance ?
LuLutine
le mercredi 14 septembre 2016 à 11h33
bodhicitta
le concret, le proche, la communication franche et bien veillante, remet les pieds sur terre, on prend du recule, paradoxalement plus facilement aussi
Oui c'est exactement comme ça que je vis les choses !
C'est pour ça que chez moi la passion se calme s'il y a plus de proximité, et pas plus de distance....
Avec la distance, mon imaginaire s'emballe, je suis partie, et c'est compliqué de me rattraper !!!
Dans mon cas, reste à rétablir la communication....et c'est pas encore trop ça...je lui envoie un message plein d'émotions, avec tous mes ressentis, et je reçois en réponse juste quelques informations factuelles....en mode "je suis libre tel et tel jour mais pas tel et tel jour"...
On ne communique pas de la même façon visiblement ! C'est quelqu'un qui ne sait pas écrire ses ressentis...
Bon au moins on va pouvoir se parler, peut-être que ça se passera mieux IRL....
Discussion : S'auto-suffire nécessite-t-il un minimum de distance ?
LuLutine
le mardi 13 septembre 2016 à 15h52
bodhicitta
J'avais donc beaucoup de temps pour ce dernier, et j'ai l'impression que c'est là que ça a dérapé
Qu'il a pensait que j'étais à lui et commencé à se permettre des crises pour rien..
Ah oui, je comprends. C'est exaspérant quand quelqu'un croit que tu vas devenir exclusive parce que tu lui consacres du temps.
Par contre ça n'a rien à voir avec mon vécu (enfin pas mon vécu actuel en tout cas).
Discussion : Besoin de parler - Rennes
LuLutine
le mardi 13 septembre 2016 à 05h36
Totora
Je ne me sens pas à l'aise à me dire poly"amoureuse" parce que justement je ne sais plus trop ce qu'est ce sentiment, je vois juste des envies/besoins de relations hybrides ayant des frontières qui ne collent pas avec l'exclusivité relationnelle.
En fait, le mot est trompeur dans le sens où une personne poly n'est absolument pas obligée d'être "amoureuse" et/ou de ressentir de "l'amour" dans toutes les relations qu'elle vit...
C'est possible, mais pas obligatoire.
Tu peux aussi utiliser "polyamoriste" qui est plus proche du mot anglophone d'origine (à savoir "polyamory", et non pas "polylove" qu'on obtiendrait en traduisant le mot français).
Peut-être aussi que l'expression "anarchie relationnelle" peut t'intéresser ?
Discussion : S'auto-suffire nécessite-t-il un minimum de distance ?
LuLutine
le mardi 13 septembre 2016 à 02h21
Ah oui, je me pose aussi des questions sur le fait d'utiliser une relation "pour prendre de la distance" avec une autre.
("Utiliser" n'est peut-être pas le meilleur mot, car on peut apprécier cette relation en tant que telle, sans que la volonté "utilitaire" soit première, mais je ne trouve pas d'autre mot pour l'instant.)
Chez moi ça marche juste....pas. Mais alors pas du tout. Là aussi, c'est à des années-lumières de mon fonctionnement affectif.
Une relation n'a pas d'influence sur mes sentiments ou mon désir de proximité affective vis-à-vis d'une autre relation. A priori ça va plutôt être le temps et l'évolution de la relation en elle-même qui va jouer. Pas la présence des autres relations.
Discussion : S'auto-suffire nécessite-t-il un minimum de distance ?
LuLutine
le mardi 13 septembre 2016 à 02h15
Bon, j'avais envie de poster un nouveau fil, mais après une petite recherche par mots-clés, je crois que celui-ci brasse déjà pas mal des notions qui m'occupent l'esprit...
Yoni
Avec une expérience trop fraiche mais pas mal d'introspection, j'en viens à me dire que cet équilibre nécessite un minimum de distance avec l'autre, ou plutôt de "laisser du mou" aux connexions que l'on a avec lui/elle. Sinon ça tire, et ça peut même arracher des parties de nous. Par connexions, je veux dire besoins/désirs/attentes et probablement beaucoup d'autres choses. Tout ce qui fait qu'on a envie/besoin de l'autre.
D'un autre côté je me dis que ça peut venir avec le temps, qu'on s'habitue à être en équilibre et s'auto-suffire sans pour autant se reculer, s'éloigner ; juste que l'on tient mieux sur ces jambes même quand on est "tirés".
Ou alors ça dépend avant tout des personnes (avoir cette force ou pas) et pas tellement de l'expérience. Qu'en pensez vous ?
Avec une expérience plutôt fraîche, quelqu'un a décidé que pour avoir une relation "moins passionnelle" il fallait "plus de distance".
Or moi (avec plus de temps d'expérience poly, mais c'est peut-être pas pour ça, c'est peut-être juste que "ça dépend des personnes"), je ne fonctionne pas du tout comme ça, c'est même souvent le contraire, plus il y a de distance, plus mes sentiments sont passionnels !
Quelque part, ça fait deux personnes pas très compatibles tout ça.... (et ça me fout une boule au ventre depuis dix jours, dont cinq où j'en étais littéralement malade, 80% du temps au fond de mon lit).
Je serais plutôt comme Evavita, dans le fait de justement maintenir la proximité avec le/la partenaire. Le contraire me donne plutôt le sentiment d'être éjectée (ou de m'éjecter, en supposant que je sois assez folle pour le faire moi-même) brutalement de la vie de l'autre, c'est juste complètement insupportable.
Est-ce que plus de distance diminue la passion ?
Chez moi très clairement, la réponse est non. Ca l'augmente et ça empire la situation (puisque distance + passion => souffrance).
Par contre, j'ai plus de facilité à avoir une relation "moins passionnelle" lorsqu'il y a des échanges réguliers et bienveillants avec la personne concernée...
(Je précise bien "échanges", pas forcément "présence IRL", si pour x ou y raisons la présence IRL est moindre, les échanges à distance peuvent suffire.)
Oui je sais....je suis une extra-terrestre, personne ne comprend mon fonctionnement "bizarre" et je ferais mieux de faire le deuil de toute relation, c'est probablement plus simple....
Merci pour vos réponses, si jamais...
Discussion : Ceux pour qui la jalousie fait partie de l'amour, et les autres...
LuLutine
le mardi 13 septembre 2016 à 01h32
oO0
Il n'est pas nécessaire de refermer, quand les sentiments sont là, cela ne sert à rien d'essayer de les nier ou de les refouler..
Certes mais pour exprimer ses sentiments à quelqu'un, il faut que la personne soit prête à les accueillir....
Sinon tes sentiments tu peux te les mettre....sous le coude et garder ta boule au ventre. Et y a rien à faire, car pour ça il faut être deux.
Discussion : Ceux pour qui la jalousie fait partie de l'amour, et les autres...
LuLutine
le dimanche 11 septembre 2016 à 13h59
bodhicitta
Mais pas facile pour moi de refermer (protéger) mon coeur une fois que je l'ouvre à quelqu'un.
On est deux....
Discussion : Invalider les ressentis ou besoins de l'autre parce qu'on ne les comprend pas, est-ce légitime ?
LuLutine
le dimanche 11 septembre 2016 à 13h55
loumalive
Dans le titre du fil, je ne partageais pas trop le mot "Invalider": On ne peut pas considérer non valide, non recevable, une attente implicite de l'autre
Justement là, il n'y a pas d'implicite, ça a été explicité !
Mais pour le reste du message, tu traduis très bien ce dont je parle....
Merci pour ton message, il n'est pas trop long !
Albaboun
Bref, tout ça pour dire que communiquer sur le ressenti, sa force, comment il se déroule, etc. est au moins aussi utile que d'expliquer pourquoi cette salière ne peux pas être mise ailleurs. Je crois que l'attention portée au vécu émotionnel peut être un élément de compréhension et d'attention réciproque suffisant, même si l'on ne comprends pas toujours l'autre "sur la forme", si la logique nous est imperceptible.
C'est justement là que le bât blesse.
Marcel n'a pas cessé de dire son ressenti, et plus il en a parlé plus Chantal s'est refermée....barricadée....derrière un discours "Mais la place de la salière on s'en fiche !"
Alors que Marcel ne lui parlait même plus de ça, il parlait de ses sentiments, il parlait de leur relation, il parlait de cette "attention portée au vécu émotionnel" qui dans ce cas lui semblait juste inexistante....
Discussion : Invalider les ressentis ou besoins de l'autre parce qu'on ne les comprend pas, est-ce légitime ?
LuLutine
le vendredi 09 septembre 2016 à 13h29
chrno
[Marcel] aussi à une possibilité de s'adapter. Plutôt que de faire une crise, il peut prendre sur lui
En fait : non.
Comme tu le dis plus loin :
chrno
toute les situations ne peuvent être réglés par un auto ajustement. Certaines choses pèsent en effet trop lourd
Il se trouve que justement, si Marcel pouvait "prendre sur lui", il l'aurait fait depuis longtemps, et il "n'embêterait" plus personne avec la place de la salière.
Il a déjà bossé sur lui pour la place des couverts, il ne fait plus de crise pour cela, mais la salière, ça ne passe pas.
Ca passera peut-être un jour, qui sait, mais pas dans un avenir proche.
En attendant, sachant qu'il s'est adapté pour ne pas faire de crise sur la place des couteaux, fourchettes, cuillères, mais aussi du savon dans la salle de bain (et j'en passe), et bien il aimerait bien que pour une fois ce soit l'autre qui fasse un effort (pas par caprice, mais juste parce que la salière, il n'y arrive pas).
Et à moins de tomber sur quelqu'un qui a absolument besoin de déplacer la salière en permanence (ce qui n'est pas le cas de Chantal, elle ne le fait a priori que par confort ou flemme de ranger mais pas par un réel besoin dont la non-satisfaction déclencherait une crise), il semble que ce soit possible, non ?
En fait la salière c'est la partie émergée de l'iceberg, la seule qu'il n'arrive pas à contrôler émotionnellement. Pour le reste, Marcel est déjà en contrôle permanent, ce qui est déjà épuisant.
Non, ce ne sont pas les neuroatypiques qui doivent "s'adapter" en permanence ! Ils ont droit à une vraie considération (d'autant qu'ils donnent cette considération aux autres, dans le cas de Marcel en rangeant ses chaussettes, ce qui demande encore un effort supplémentaire de toutes les adaptations qu'il fait déjà !).
chrno
Marcel n'est pas forcement une petite chose qui peut être emporté dans le tourbillon des sentiments de la salière.
En l'occurrence, dans un premier temps ça le rend d'ailleurs moins incontrôlable que Chantal quand elle voit des chaussettes traîner, par contre dans un deuxième temps si les sentiments de Marcel ne sont pas accueillis, il pète complètement un câble.
Et ne pas être accueilli lui semble injuste : qui a consolé Chantal avec force mots rassurants, câlins et bouquets de fleurs quand elle lui a dit, pour une chaussette qui traînait (et en plus il lui avait envoyé un message pour prévenir qu'il avait oublié de la ranger), "Je ne peux pas, je ne peux pas, je crois que je vais déménager" ?
(Marcel lui n'a pas encore remis en cause leur vie commune, il aimerait bien que ça fonctionne, et il sait qu'il ne faut pas prendre de décision sous le coup de l'émotion.)
chrno
Il a ses ressentis et c'est indiscutable mais la manière dont il agit vis a vis de ça peut être soumis à discussion.
Tout comme Chantal avec les chaussettes....
Car oui, j'ai parlé de Marcel, je n'ai pas dit que Chantal ne faisait jamais de crise (je crois même avoir dit le contraire).
chrno
C'est comme ça qu'on fait un parallèle intéressant entre cette histoire de salière et un sujet moult fois discuté sur ce forum et aux cafés qu'est la jalousie.
Exactement, et il me semble que personne ne dit que le/la jaloux-se doit se débrouiller seul-e avec sa jalousie.
On ne cesse de dire qu'il semble approprié que l'autre soit présent-e, rassurant-e, aidant-e....et ne laisse pas le/la premier-e seul-e avec ses émotions.
Là où tu as raison, c'est que c'est exactement pareil avec cette histoire de salière.
Chantal n'a aucune raison valable de laisser Marcel seul face à ses émotions (sauf à ne pas accorder d'importance à la relation ni de considération à Marcel).
chrno
" Alors, j'ai pas développé, mais Marcel a des raisons très "logiques" (dans sa logique à lui) pour ne pas supporter que la salière soit déplacée." --> "il est difficile de faire accepter quelque chose qu'on a du mal a expliquer"
Ben, Marcel arrive très bien à l'expliquer.
D'ailleurs Chantal comprendrait le raisonnement si elle était d'accord avec les prémisses.
En fait je crois qu'elle n'est juste pas d'accord avec les prémisses. C'est pour ça qu'elle ne l'accepte pas.
Marcel a expliqué son raisonnement à d'autres gens qui le trouvent très logique et comprennent....
chrno
Dans le cadre d'un couple avec répartition des taches "classique", c'est surement elle qui débarrasse la table et range la vaisselle. Et Marcel est bien tyrannique et peu aimant pour ne pas se rendre compte de tous le travail qu'elle fait pour venir râler sur des points minimes...
Alors là ça va un peu loin dans la comparaison :D
Mais non, ce n'est pas Chantal qui fait tout, ils se répartissent équitablement les tâches.
Sauf que parfois Chantal prend des décisions unilatérales sans nécessité...
Discussion : Invalider les ressentis ou besoins de l'autre parce qu'on ne les comprend pas, est-ce légitime ?
LuLutine
le vendredi 09 septembre 2016 à 00h20
chrno
A partir du moment que l'on accueille ou tente d'accueillir le ressenti d'un tiers, on se met selon moi déjà dans une posture pour tenter de le comprendre.
En fait, dans mon cas, je vais par exemple comprendre que la personne est triste / en colère / anxieuse etc., mais je ne vais pas comprendre pourquoi, ça ne fait pas sens pour moi.
Donc : je comprends (= je constate parce que je le vois, tout simplement !) qu'il existe un ressenti. Je ne comprends pas "d'où il vient".
C'est ce que j'appelle l'accueil / acceptation.
Au contraire, si une personne a perdu un être cher et qu'elle se sent triste, je vais comprendre son ressenti (moi aussi je me sens triste si je perds un être cher, cela fait donc sens pour moi).
Je ne sais pas si c'est plus clair ?
chrno
Dans le cas ci-dessus, Chantal n'en a rien a cirer du ressenti de Marcel, mais elle a accepté la situation, par expérience et habitude parce qu'elle a compris comment il fonctionnait et sait que ça passera. Donc elle ne se pose pas plus de questions.
Moui enfin, ça finit par passer, mais pas sans souffrances pour Marcel, donc si Chantal n'en a rien à cirer et ne fait rien en considérant que "ça passera", Marcel va rapidement déménager, parce qu'il sait qu'il va souffrir à chaque fois, et que Chantal n'aura aucune considération pour lui.
Et ça change tout !
chrno
En effet il est difficile de faire accepter quelque chose qu'on a du mal a expliquer et de même d'accepter quelque chose qu'on arrive pas à comprendre.
Alors, j'ai pas développé, mais Marcel a des raisons très "logiques" (dans sa logique à lui) pour ne pas supporter que la salière soit déplacée.
Enfin, je ne sais pas si c'est à cela que tu fais allusion.
Sauf que Chantal n'arrive pas à "entrer" dans ce "raisonnement", donc ne le comprend pas.
Elle peut cependant constater la tristesse ou la colère (les sentiments ça se constate, ça ne s'explique pas) et les accueillir.
Discussion : Invalider les ressentis ou besoins de l'autre parce qu'on ne les comprend pas, est-ce légitime ?
LuLutine
le jeudi 08 septembre 2016 à 14h52
Albaboun
Je disais que c'est en amont que la relation de confiance et d'écoute peut/doit se construire, pour pouvoir exprimer et accueillir...
Tu fais quoi quand tu pensais qu'elle s'était construite cette confiance, quand par le passé Chantal accueillait les crises de Marcel par rapport au déplacement de la salière (faut dire que ces fois-là, elle n'avait pas fait exprès, mais la dernière fois, c'est moins net, et on ne sait pas trop pourquoi tout-à-coup ça lui a pris de déplacer volontairement la salière....) ?
Mais qu'aujourd'hui tout-à-coup, les ressentis de Marcel n'ont pas le droit de cité, parce que Chantal a décidé que c'était comme ça ?
Albaboun
De la à dire comment faire, ou même à savoir si ce sera le cas demain avec un-e-tel-le... J'en suis bien incapable.
Oui c'est ça, on n'a pas de garantie, même si ça s'est toujours bien passé, que ça ne dérape pas un jour.
Albaboun
C'est peut-être la force du lien qui décidera de l'évolution a venir. Si ce lien est fort, qu'un peu de temps fait "redescendre" les tensions, puis que chacun-e veut et peut faire quelques concessions pour retrouver un terrain d'entente... [...] une envie/volonté de chercher ensemble à construire une suite différente, qui laisse moins de place, ou désamorce autant que possible ces difficultés... [...] Cela ne dépends toujours que d'une envie, d'un choix commun. :-)
Oui voilà....
Discussion : Invalider les ressentis ou besoins de l'autre parce qu'on ne les comprend pas, est-ce légitime ?
LuLutine
le jeudi 08 septembre 2016 à 11h37
Albaboun
Alors, à force de m'entendre dire "relativise, laisse passer", par plein de gens que j'aime, qui ont en plus généralement raison, je sur-réagis, parce que des fois on ne peut pas... Enfin des fois je ne peux pas.
Ow mais comme je suis trop pareille.
Il suffit qu'on me dise "relativise, c'est pas grave, c'est un truc de rien du tout" pour que je pète complètement un câble....
Au contraire, si la personne me dit (sincèrement !) "Oh là là je suis désolé-e, je ne pensais pas que ça te ferait cet effet, j'ai vraiment fait une erreur" je vais me calmer parce que je sais et sens que la personne n'est pas bien par rapport à ce qui vient de se passer, et mon souhait qu'elle aille bien et ne s'en fasse pas trop va prendre le pas sur mon bien-être à moi :
"Non mais c'est pas si grave, tu vois j'ai survécu, on va remettre la salière à sa place, et la prochaine fois je sais que tu ne le referas pas..."
Albaboun
à voir tous ces gens bien, que j'aime, occupés a relativiser leur réalité et leurs difficultés, souvent juste pour (sur)vivre... Et ben moi j'ai envie de hurler, de me battre, de pleurer, mais pas d'accepter.
Sur ce sujet je crois que je suis assez d'accord avec toi. Il y a des choses qu'on peut relativiser et d'autres pour lesquelles nous dire de "relativiser" fait partie d'une oppression / domination, et là c'est pas question pour moi.
Albaboun
Aussi en réponse à LuLutine à la question de comment on fait pour construire les modalités de relation qui permettent l'expression et l'acceptation. Savoir dire "oui, tu me déranges et c'est très bien comme ça", c'est génial. Pouvoir exprimer par le "tu me déranges" que ta présence aura une incidence sur moi, ce que je fais, etc. Mais que c'est très bien, je le souhaite. C'est là que se développe la confiance. C'est tellement plus socialement admis, quoi qu'il en soit, de répondre: "Non non, pas du tout". Mais si une confiance suffisante existe pour dire que ça a une incidence, que ce n'est pas seulement simple, mais qu'on souhaite la vivre... C'est une bonne base, non?
Certes....mais dans une relation, il faut être deux pour vouloir.
Quand Chantal décide de quitter la maison et bloque le portable de Marcel, pour qu'il ne la joigne pas, ça devient compliqué....
Discussion : Invalider les ressentis ou besoins de l'autre parce qu'on ne les comprend pas, est-ce légitime ?
LuLutine
le jeudi 08 septembre 2016 à 00h19
oO0
Vu ce que tu me racontes de Chantal, j'ai l'impression qu'elle a un problème d'acceptation de la réalité affective. Cette réalité ne se limite pas à ce qui fait sens pour elle. Pas plus qu'elle n'a besoin d'être rationnelle pour être réelle. J'imagine que Marcel souhaiterait pouvoir disposer d'un rapport plus rationnel à la salière et qu'il est la première personne que cela dérange. Marcel ne choisit pas ce qu'il ressent à propos de la salière et contrairement à d'autres ressentis, il n'a que peu de marges de manoeuvres. Même si c'est possible de se disposer à d'autres réactions émotionnelles, la salière ne fait pas partie de ces possibilités. Marcel aimerait que ce soit sans importance, mais - va savoir pourquoi - cela en a et beaucoup plus qu'il ne le voudrait.
Sinon, je pense que tu veux dire que Marcel serait moins mal et non moins bien si la salière était au moins sur l'étagère.
Assez d'accord avec tout ça.
Discussion : [TW Propos homophobes, violents...] Questionnements d'hommes cisgenre, et des autres
LuLutine
le jeudi 08 septembre 2016 à 00h16
Acajou
Je vais être triste si loin des poly.
Mais...il y a des poly là-bas aussi, très probablement !
Tu peux y aller sans souci ! ;)
Discussion : Ceux pour qui la jalousie fait partie de l'amour, et les autres...
LuLutine
le mercredi 07 septembre 2016 à 23h55
bodhicitta
J'ai essayé (et réussi) à accepter nos différences mais quand ça marche que dans un sens ça ne peut durer', ça perd l'équilibre, et ça fatigue ( :-/ haaa le stress)
Je suis un peu dans la même problématique : relation où certaines choses (accueil des émotions qu'on ne comprend pas, par exemple) semblent à sens unique....
Et oui c'est fatigant, épuisant, et c'est pas viable à long terme surtout.
Soit on va arriver à dialoguer soit.... :(
Discussion : Invalider les ressentis ou besoins de l'autre parce qu'on ne les comprend pas, est-ce légitime ?
LuLutine
le mercredi 07 septembre 2016 à 14h19
@Albaboun : en effet la question de "faire couple" ne m'intéresse pas non plus. Sur l'histoire de la salière j'ai pris bien sûr un exemple fictif, de deux personnes qui ont décidé de vivre ensemble (et de toute façon je ne crois pas avoir dit qu'elles étaient "en couple", je pourrais moi-même décider de vivre avec quelqu'un sans être "en couple" - et si j'étais comme Marcel, j'aurais quand même besoin que le sel soit à sa place ! ;) )
Je suis anarchiste relationnelle et ma question vaut tout autant pour les relations amicales ou des relations entre colocs, pourquoi pas ?
(D'ailleurs Marcel et Chantal sont peut-être colocs.)
oO0
je devais comprendre, mais je n'avais pas le droit d'être compris.
Ah, ben, c'est en gros ce que je raconte, plus ou moins.
Mais bon, quand Marcel ne comprend pas, il accueille et il semble que ça suffise.
Sauf que dans l'autre sens....c'est ça, il n'a pas le droit d'être compris, ni même accueilli.
Enfin je crois.
J'ai toujours eu du mal à comprendre tes messages....
oO0
"Oui, tu as le droit de te ressentir comme tu te ressens, mais ... cela reste insensé pour moi."
Attention, ce n'est pas ce que Chantal laisse entendre à Marcel.
Ca ressemblerait plutôt à :
"Cela est insensé pour moi, donc tu n'as pas le droit d'exprimer ce genre de sentiment, d'émotions dans cette situation : la place de la salière, ce n'est pas important enfin !"
oO0
Mettre la salière dans l'étagère appropriée, même si ce n'est pas sa place exacte, c'est un signe de validation partiel.
C'est pas faux, et je pense que Marcel le vivrait beaucoup moins mal. Il serait juste un peu agacé. Et il remettrait la salière à sa place de lui-même. Il ne dirait peut-être même rien à Chantal, de peur de l'ennuyer "pour rien", de la déranger...
Discussion : Invalider les ressentis ou besoins de l'autre parce qu'on ne les comprend pas, est-ce légitime ?
LuLutine
le mercredi 07 septembre 2016 à 12h52
Y a pas besoin de comprendre pour éviter d'invalider...et tu mélanges dans ton message la compréhension et la validation.
Forcément, ça ne marche pas.
Discussion : [TW Propos homophobes, violents...] Questionnements d'hommes cisgenre, et des autres
LuLutine
le mercredi 07 septembre 2016 à 11h36
gdf
Les "que", les "jamais" et les "aucuns", je suis pas fana.
Ben, dans tous les exemples que je connais, qui sont en nombre finis car ma vie n'est pas infinie, je n'ai jamais vu le cas de figure que tu évoques, j'insiste.
C'est un peu comme si je te disais "Je n'ai jamais vu de nombre à trois chiffres, en base dix, parmi les nombres inférieurs à 99".
Ce serait strictement vrai, et toi tu me réponds "je ne suis pas fana des "jamais". Ca n'a juste rien à voir.
Oui, on peut utiliser "jamais", "aucun" etc. sur un nombre d'exemples finis.
Je fais avec ce que je connais, et l'exemple qui me convaincra de l'existence des "gens qui se plaignent de trop" parmi les opprimé-e-s (c'est ce que semble induire ton message), je ne l'ai pas encore vu.
J'ai plutôt vu d'ailleurs, une majorité de gens qui à mon sens ne se plaignent pas assez, eu égard à ce qu'ils subissent (parce qu'après on les voit, on croit que "oh c'est bon cette personne va bien, elle gère, elle n'a pas de problème malgré les oppressions" alors qu'une fois que tu connais la personne, tu vois toutes ses blessures et les violences qu'elle subit quotidiennement, et t'as juste envie de flinguer d'un coup toutes les oppressions tellement c'est injuste toute cette souffrance).
gdf
Mais il y a des gens qui se plaignent plus que d'autres.
Pour ceux qui se plaignent des oppressions, ils ont peut-être plus de raisons de se plaindre que les autres, ou moins les moyens de prendre sur eux / gérer autrement, et tu n'as pas d'éléments suffisants pour affirmer le contraire : tu ne connais pas leur vie.
Pour les hommes cis qui se plaignent d'être exclus d'un événement non-mixte, là oui par rapport à ce qui serait soit-disant "subi", on est bien d'accord ils se plaignent bien plus que les autres !!! ;)
Mais on n'est plus sur le sujet de l'oppression du coup...
gdf
Et avec le même jeu, il y en a qui vont faire une garde, d'autres une petite.
Peut-être que celui qui prend moins de risque sait moins bien jouer, peut-être qu'il apprend moins vite que les autres, peut-être qu'un problème psychique l'empêche d'être réceptif aux conseils des autres, et je trouverais psychophobe de se permettre de juger que "Quand même, il pouvait largement miser plus" : tu n'es pas dans ses baskets (encore moins dans sa tête).
gdf
Je dis (et j'ai raison ?) qu'il y a des gens qui ont des chances mais qui ne les saisissent pas.
Ils n'ont pas forcément les moyens de le faire. C'est comme quand tu expliques à une personne de 1m20 : "Tu as faim ? Les pommes sont en haut de l'armoire, oui ok elles sont à 2m de haut, mais moi je les attrape donc tu devrais y arriver aussi."
Sauf qu'au contraire de cette situation où tu pourrais, en regardant, te rendre compte que la personne n'est pas assez grande pour attraper les pommes (et n'a peut-être pas la force d'aller chercher un escabeau, ou peut-être qu'il n'y a pas d'escabeau dans les parages), dans la situation qui nous occupe, tu es simplement aveugle face à ce qui peut freiner la personne pour faire comme toi.
Ca ne veut pas dire que ces freins n'existent pas.
gdf
Note sur l'image des cartes : il faut séparer une partie individuelle d'un grand nombre de partie.
C'est tout-à-fait vrai, et j'ai un scoop pour toi : dans la vie, on ne recommence pas une nouvelle partie. T'as qu'une seule partie, avec un certain nombre (la majorité) de cartes déjà distribuées au début.
Parfois, t'en choppe une ou deux de plus en cours de jeu (comme ça arrive dans certains jeux d'ailleurs, même si ce n'est pas le cas du tarot). Parfois, ce sont des cartes qui améliorent ta main, mais parfois non, ça plombe tout ton jeu...
gdf
Sur une unique partie, bien évidemment, même le meilleur joueur perdra s'il n'a pas de jeu.
Et c'est ce qui se passe dans la vie.
Sachant qu'en plus dans la vie, le fait d'être "un bon joueur" ou pas dépend aussi majoritairement de ta main, c'est pas un élément distinct de la donne de départ....
Du coup ça fait beaucoup !!!
gdf
Sur un grand nombre de parties, le hasard ne joue plus (ou moins) et tout le monde aura eu une succession de bons jeux et de mauvais jeux.
Je te confirmerai ça après mes cent prochaines vies, ok ?
gdf
"tu peux agir sur toi même pour améliorer la situation plutôt que d'attendre de ton environnement qu'il évolue"
Tu peux faire les deux en même temps, surtout, mais ton message montre que tu es totalement inconscient d'à quel point c'est littéralement épuisant de passer chaque seconde de chaque minute de chaque heure de chaque jour de chaque année de sa vie à "agir sur soi-même" quand l'environnement ne bouge pas d'un iota (ou presque).
Donc c'est parfaitement compréhensible qu'après des décennies (et plus) à "agir sur soi-même" (ou se suicider, pour les personnes les moins résistantes - ce qui ne signifie pas qu'elles ne sont pas résistantes, elles l'étaient déjà peut-être même beaucoup plus que toi, mais ont trop subi), on mette de plus en plus en avant un changement sociétal et d'environnement. Le reste est l'affaire personnelle de chacun-e, les autres n'ont pas à juger de leurs efforts.
Discussion : Invalider les ressentis ou besoins de l'autre parce qu'on ne les comprend pas, est-ce légitime ?
LuLutine
le mercredi 07 septembre 2016 à 11h05
Albaboun
Quand on trouve la place de dire pour soi et d'accueillir chez l'autre, ben on peut se dire qu'on est déjà super fort-e-s, réciproquement.Et c'est vraiment déjà pas mal, si à défaut de "parfaitement" se comprendre, on arrive à s'accepter... C'est une super base! (et je suis pas sûr qu'on puisse espérer mieux)
Oh mais je parle exactement de ça.
Accepter, bien qu'on ne comprenne pas.
Je ne comprends pas le ressenti de l'autre, mais je ne vais pas prétendre qu'il se sent triste / en colère / angoissé etc. pour rien !
Juste ça, le respect, l'écoute, c'est ce qui me semble à la fois le minimum dans une relation, et un pas immense pour continuer à cheminer ensemble.
Dans mon exemple, rien qu'en sachant que Chantal ne nie pas son ressenti, Marcel gèrera beaucoup mieux la crise. Et acceptera mieux son ressenti aussi, car il aura été reconnu par Chantal (dans le cas contraire, il peut essayer de se dire que oui, Chantal doit avoir raison, il se met vraiment dans tous ses états pour rien, mais cela ne mène qu'au refoulement et ça finit en général en catastrophe, à cause de l'accumulation).
Dire (et accepter !) pour soi, accueillir chez l'autre : c'est exactement ça !
Albaboun
Trouver un équilibre dans la gestion des émotions. Accepter de construire une attention réciproque aux débordements émotionnels de l'autre, réciproquement, même si l'on est pas capable d'en comprendre les rouages, c'est déjà une fin en soi.
Merci, tu mets le doigt sur quelque chose de très important ici : la réciprocité.
En fait, Chantal a aussi sa propre "salière" comme tu l'évoques par ailleurs : elle ne supporte pas (comme un certain nombre de gens il faut l'avouer) qu'on laisse traîner ses chaussettes sales au lieu de les mettre dans le bac à linge.
Or Marcel lui, ça ne le dérange pas de laisser traîner ses chaussettes sales, il l'a toujours fait avant. Chantal pourrait aussi laisser traîner les siennes, peut-être même dans le placard à côté de la salière (du moment que la salière est à sa place bien sûr !), Marcel s'en ficherait complètement.
Mais depuis qu'il habite avec Chantal, et qu'il sait qu'elle n'aime pas les chaussettes qui traînent, il fait très attention. Ca lui prend de l'énergie, ce n'est pas naturel pour lui, puis il a un peu l'impression que Chantal le prend pour un gamin et veut le fliquer, le contrôler, en lui disant ce qu'il doit faire de ses chaussettes (c'est vraiment hyper désagréable), mais bon si elle se sent mieux comme ça, il trouve normal de faire de gros efforts pour ne pas les laisser traîner. Il prend sur lui. Il met des limites à ce qu'il estime être sa liberté d'action (car après tout, dans l'absolu, il est libre de laisser traîner des chaussettes, la loi ne l'interdit pas !).
Il faut dire aussi que dans ce monde majoritairement fait pour les neurotypiques, Marcel a très souvent entendu parler du fait que "ça ne se fait pas" de laisser traîner les chaussettes. Donc il l'a à peu près intégré, intellectuellement du moins.
Cette pseudo-interdiction ne fait pas sens pour lui, il ne voit pas le problème (il a sa propre logique dans laquelle les chaussettes qui traînent ne sont pas un souci), mais il l'a intégrée.
Du coup, quand Chantal prétend que la salière qui n'est pas à sa place, c'est "un truc de rien du tout", ça blesse Marcel doublement :
- D'une part, Chantal remet en question son ressenti, ses émotions à lui (alors que soyons sérieux, elle n'est pas dans sa tête, si ça crée un malaise chez Marcel, c'est que ça crée un malaise chez Marcel, je ne vois pas à quel moment on devrait en débattre) ;
- D'autre part, Marcel lui, fait autant qu'il le peut attention aux "salières" de Chantal, à savoir les chaussettes qui traînent ; et puis il s'est toujours excusé lorsque sans faire exprès il en laissait traîner une ou deux, même si elles étaient tombées à côté du panier par simple inadvertance ; il a consolé Chantal lorsqu'elle a piqué une crise à cause d'une chaussette qui traînait dans le lit...du coup, double effet kiss-cool, il se rend compte qu'il n'y a pas de réciprocité !!
Albaboun
construire en amont les conditions de relation et d'échange qui permettent d'accueillir
Alors là je veux bien savoir comment tu fais concrètement ?
Quand Marcel a tant bossé sur lui pour accueillir les émotions de Chantal liées aux chaussettes qui traînent (même si lui ne conçoit pas que ça crée un problème), et que dans l'autre sens, ça ne fonctionne pas (Chantal considère que les ressentis de Marcel vis-à-vis de la place de la salière ne sont pas valides) ?
C'est un peu perdu d'avance, non ?
Relation sans réciprocité, je ne vois pas d'issue....