Participation aux discussions
Discussion : Jalousie ou ...? et que, comment faire?
astrogirl
le jeudi 01 août 2019 à 18h46
@ourscalin merci. C'est vrai et je suis d'accord que Q est en train d'être égoïste. L'idéal serait de trouver un juste milieu, un équilibre, un rythme viable.
Je suis désolée de le savoir. C'est dommage quand même que ce fut un renoncement de part et d'autre (elle à sa relation, toi à ton boulot), ce qui inéluctablement laisse des blessures et rancoeurs. Je suis d'accord avec toi sur la distance. Un peu, ça va, et souvent c'est nécessaire. Mais lorsque cela devient trop, on finit par s'éloigner. J'espère de tout coeur que vous finirez par trouver un terrain d'entente sur lequel (re)construire, surtout que tu disais qu'elle est ta priorité, toi la sienne, et que vos projets sont forts. Bon courage!!
Message modifié par son auteur il y a 7 ans.
Discussion : Jalousie ou ...? et que, comment faire?
astrogirl
le jeudi 01 août 2019 à 13h34
ourscalin
Les attentes sont égoïste pour Q, comme l'ont été pour par femme qui vivait un poly amour et moi qui devenait poly acceptant forcé. Elle attendait du soutien et de la compréhension pour ce sentir libre. Moi à ce moment j'attendais aussi de la compréhension, du temps pour accepter la situation et j'avais besoin d'énergie pour assumer un 'nouveau boulot qui me prenait un temps énorme. Bref on attendait tous les deux des choses différentes. Le dialogue était difficile, car elle dans l'émotion et moi dans l'intellectuilisation. Donc impossible de se rejoindre.
Et donc qu'avez-vous fait? Vous en êtes-vous sortis?
Discussion : Comment utiliser ce site ?
astrogirl
le jeudi 01 août 2019 à 13h02
Hello et un énorme merci aux administrateurs/rices!
Une petite question. Lorsqu'on ouvre un fil ou participe à une discussion, existe-t-il une manière pour recevoir une alerte par email lorsqu'on nous répond dans la discussion (non MP) ?
Excellente journée!
Message modifié par son auteur il y a 7 ans.
Discussion : Besoin d'avis
astrogirl
le mercredi 31 juillet 2019 à 20h02
Minora
J'adore l'expression, elle est trop mignonne :)
moi aussi!! :-)
Discussion : Jalousie ou ...? et que, comment faire?
astrogirl
le mercredi 31 juillet 2019 à 19h53
Hello!
Merci à tous/tes les trois. Vous êtes adorables <3 !
Je suis touchée que cela vous ai touché.e.s. C'est la vérité. Q et moi nous aimons beaucoup et j'ai peur de le perdre.
En fait et grâce à votre aide, j'ai fait la liste de toutes (?) mes peurs, ou du moins celles que j'ai pu recenser, en y essayant d'apporter une réponse/déconstruction. En espérant pouvoir les neutraliser et pouvoir avancer.
1. Si je ne passais pas tout son temps libre avec Q, il irait voir ailleurs.
=> Cela est l'antithèse de comment je suis. En plus, Q n'aimerait pas être avec quelqu'un comme cela.
2. Peur de ne pas être à la hauteur, et de perdre Q, lorsque d'autres personnes apparaitront dans la vie de Q.
>A quoi sert cette peur? Alerte? Alors je reçois ce message d'alerte pour être attentive à ce qu'on fasse plus d'efforts pour que je puisse être à la hauteur de l'ouverture. Aussi, je dois me préparer, retrouver mon autonomie et bonheur en dehors de lui, pour ne pas laisser ma peau dans le polyamour, me plaire, lui plaire => transition professionnelle / réduction de mon temps avec Q.
3. Doublée à la lacune de manque de stimulation intellectuelle, ma fermeture à d'autres rencontres vient aussi, inconsciemment, d'une peur de perdre Q. Donc peur de moi (!), peur de rencontrer quelqu'un qui me comble intellectuellement, et de perdre Q. Ou que cela fasse trop de mal à Q.
=> Avoir confiance en la capacité de Q à gérer sa jalousie et être compersif.
4. Peur de perdre ce que nous partageons, peur que ce soit la nouvelle qui prenne ma place en étant celle qui lui manque, celle qui le fait rêver, celle à qui il fait l'amour passionnément.
=> Q me dit à tout moment qu'il m'aime et qu'il adore comment je suis. Et d'avoir confiance que le temps me répondra sur mes peurs.
Pour te répondre @bidibidibidi, oui effectivement, je suis en profonde mutation, ainsi que ma relation. En fait, pour compléter ce que tu dis et pour être plus exacte, je suis en train d'évoluer vers, mais aussi récupérer une indépendance/ autonomie de laquelle j'ai toujours joui, avant de rencontrer Q.
Et tu as tout à fait raison. Les craintes que je projette sur la nouvelle relation de Q sont en fait des craintes liées à mes sentiments à moi. Après avoir listé mes peurs, cela n'est plus clair (!) Alors, j'ai donc peur de mes sentiments? Que faire?
Merci pour tes conseils @ourscalin. Je tâcherai de reparler à Q plus en profondeur. Mais à quelles attentes fais-tu référence?
Mes attentes ou désirs seraient aussi qu'il m'accompagne mieux dans ma jalousie et qu'il n'aille pas trop vite. Le rythme de la voir une fois par semaine est en train d'être trop dur pour moi, vu que, entre que ma jalousie se tasse, revoir Q et reconnecter, à peine on re-connecte que le moment arrive où il doit à nouveau la voir. Du coup, je passe la majorité du temps mal. Et cela laisse des blessures. En plus, cela me bouffe du temps et du coup, je suis moins productive, en une période où j'ai grand besoin de l'être...
Je te remercie pour ton analyse, @HeavenlyCreature. Je serai ravie d'en parler en MP. Tu as tout à fait raison dans ta lecture.
Tout à fait, Q est assez fusionnel dans ses relations et s'épanouit à travers l'Autre, quant à moi, je m'épanouis par et pour moi-même.
En fait Q vient de 23 ans de monogamie en série (10 ans de monogamie traditionnelle, puis 15 ans dont les deux dernières ont été non-monogames. J'ajoute ici que ces deux dernières années ont été tellement dures pour eux deux, une crise provoquée par mon apparition notamment, que leur couple a fini par éclater.. Ce qui me fait évidemment très peur, que cela nous arrive aussi...)
Quant à moi, c'est tout l'opposé. J'ai été la plupart du temps célibataire et bien dans ma peau, profitant de mon indépendance et mon autonomie. Et aussi, dans mon cheminement de découverte de moi-même et parce que je suis créative mais aussi introvertie, j'ai besoin d'énormément de temps seule pour retrouver mon équilibre.
Quoique, depuis que Q est avec moi, il a fait un long chemin. Il m'a dit que je lui ai fait découvrir le bonheur dans la solitude (par exemple passer une soirée seul avec un livre, ou au ciné, ce qui lui a donné du courage pour entreprendre des excursions avancées en montagne tout seul).
Effectivement, il y a un décalage. Merci d'avoir mis des mots là-dessus. C'est de cela que je parlais aussi lorsque je disais que nos échanges intellectuels me semblaient unidirectionnels, ce qui à la longue a fini par, par moments, me lasser.
Quant à ce que tu pointes que "la peur de le perdre cache une peur/culpabilité/nostalgie d'être (peut-être) arrivée au bout de cette relation"
Cela me laisse pensive. Combien un décalage peut-il être un problème?
et comment savoir si je suis arrivée au bout? Il est clair que ici gît ma peur la plus grande. ouf.. Est-ce le pot aux roses?
Ou alors, rester avec quelqu'un devrait émaner de notre volonté, non de nos peurs, tout en tenant compte de ce que nous disent nos sentiments, bien sûr. Je crois qu'il faut que je réfléchisse si les autres aspects de ma relation avec Q sont suffisants pour m'enrichir. Ou alors, peut-être que justement, avec le polyamour, une autre relation, plus intellectuelle, me donnerait mon équilibre. (c'est ce que je pensais depuis le tout début d'ailleurs, au moment où j'ai rencontré Q. Suis-je en train de tourner en rond? autour du pot ou roses?)
Merci infiniment d'être là pour moi et de m'accompagner.
Excellente soirée à vous !
Message modifié par son auteur il y a 7 ans.
Discussion : Jalousie ou ...? et que, comment faire?
astrogirl
le mardi 30 juillet 2019 à 15h37
Hello à tou.t.e.s les deux et aux autres!
Merci pour vos remarques, qui m'aident à aller en profondeur et à comprendre la situation et les sources de ma souffrance.
Ce que je vous raconte est le résultat/fruit d'un long travail d'analyse et d'observation. Le polyamour, notamment avec l'apparition de personnes tierces, a ceci qu'il nous montre à la loupe, et de manière crue, les lacunes dans notre relation et en nous-mêmes. C'est pour cela qu'il peut aussi représenter une opportunité pour les résoudre et grandir.
Pour pouvoir vous répondre, je dois vous expliquer certains détails sur la configuration de notre relation, et qui ont, je le pense, un poids important sur notre situation actuelle. Merci de me lire!
Q vivant avec son épouse et mère de ses enfants lorsque je l'ai rencontré, en raison de son calendrier familial et de la division du temps passé en famille et avec les enfants, c'était moi m'était adaptée à son temps libre. Au début, et comme j'avais de la flexibilité, cela n'était pas un problème. Nous avons commencé par nous voir chaque semaine une soirée/nuit, puis deux, avec aussi un week-end entier chaque six semaines d'abord, ensuite chaque quatre semaines. Cette configuration jusque-là me convenait bien. Elle me laissait avec suffisamment de temps libre pour pouvoir m'adonner à mes autres passions/activités/hobbies qui consistent aussi à m'enrichir intellectuellement et spirituellement.
La situation a commencé à me poser problème lorsque Q et son épouse ont mis fin à leur relation romantique (quoique, ils ont continué à cohabiter), ce qui s'est traduit par un report du temps passé en famille sur, spontanément, notre temps ensemble. Les 2 fois par semaine se sont transformées en 3-4, et les week-ends ensemble en plus aucun pour moi toute seule, parce que aussi, je pouvais le rejoindre lorsqu'il était avec ses enfants (ce que j'aime aussi faire).
C'est à ce moment où (à la 3e année, je précise), même si je me sentais heureuse avec Q, j'ai commencé à me sentir débordée, et aussi, commencé à sentir un malaise. De par mon malaise, j'avais une sensation d'être un bouche-trou de son temps libre. Je ne veux pas dire par cela que je me sentais utilisée, loin de là. Mais que, à force de m'adapter à ce temps libre croissant, j'étais en train de négliger mon autonomie. La sensation de bouche-trou venait aussi du fait de voir que, même si j'étais là pour le soutenir durant les moments difficiles, chose que j'ai toujours faite depuis le début, comme il vivait des moments difficiles dans son foyer, les nuits passées avec moi représentaient pour lui une échappatoire / répit.
Mon malaise venait aussi du fait de voir que, vu mon instabilité professionnelle et le fait de ne pas avoir une activité épanouissante, en plus de la réduction de mon temps libre, Q était devenu ma source principale de bonheur. En même temps, sachant aussi que notre relation était polyamoureuse, je savais que la situation d'être l'unique dans sa vie, tôt ou tard allait se terminer. Je vous épargne les détails mais c'est à ce moment que j'ai fait ma crise existentielle. Je me suis beaucoup analysée. Je me suis rendue compte que pour pouvoir vivre le long-terme, et en particulier le polyamour, il était fondamental, voire vital pour moi, de retrouver mon autonomie et d'être heureuse à nouveau indépendamment d'avec lui, justement afin de pouvoir vivre le long terme avec lui, donc pour pouvoir être capable de vivre le polyamour sans y laisser ma peau. J'ai constaté que l'autonomie et être bien dans sa peau passaient par avoir un boulot ou activité professionnelle épanouissante et du temps libre (ce que j'essayais d'exprimer dans mon premier message, et qui a été peut-être mal compris sans ce développement). Chose que je n'ai pas, mais que lui si, notamment depuis sa séparation (je ne le blâme pas). Juste pour dire qu'aussi, mon virage professionnel a été impulsé par cette constatation.
A ce moment là, je me suis rendue compte que j'avais aussi peur. Quel fut mon effroi, ayant toujours été indépendante et autonome, de voir que j'avais peur de, si je ne passais pas tout son temps libre avec Q, qu'il irait regarder ailleurs. Evidemment, au moment où cette idée m'est apparue, j'ai très vite vu qu'il était vital que je pense à me (re)construire indépendamment de lui, pour me plaire à moi d'abord, et pour lui plaire aussi, parce que sinon, l'autre voie allait me mener, éventuellement au gouffre.
Sachant que tôt ou tard, d'autres personnes allaient apparaître dans nos vies, j'avais aussi peur de ne pas être à la hauteur, et d'éventuellement perdre Q.
Ce qui m'a donné du courage fut de voir clairement dans mon virage professionnel les objectifs à long terme de me retrouver heureuse dans mon autonomie, mais aussi, me plaire moi-même et plaire encore plus à Q (même s'il me dit que je lui plais comme je suis. Mais je lui avait dit que j'étais malheureuse professionnellement). Retrouver mon bonheur en dehors de lui pour moi, mais aussi par conséquent pour nous deux.
Donc, ce fut le point d'inflexion pour moi, le moment où j'ai commencé à réduire mon temps avec Q. Cela n'a pas été du tout facile pour moi, en raisons de mes peurs que je viens de vous expliquer, mais aussi, parce que je voyais que cela faisait du mal à Q. Pas facile de lui faire comprendre que cette nuit, je préfèrerais la passer seule, sans avoir vraiment à me justifier, et que lui, ayant la nuit libre, pourrait faire ce qu'il voulait, mais sans qu'il ait mon lit où rentrer.
Cela n'a pas été facile pour Q. Même s'il comprenait ma nécessité de temps libre, il ne comprenait pas pourquoi il ne pouvait pas me rejoindre la nuit tombée pour qu'on dorme ensemble. Ce qu'il ne comprenait pas, c'était le temps/énergie supplémentaire que je dépensais dans cela en dehors du temps/énergie dépensée avec lui. Je détaille ce point ci-dessous.
Parallèlement à ce que je viens d'expliquer (ma sensation de bouche-trou), il y avait un autre aspect lié à la configuration de notre relation, qui a aussi fini par me poser problème. Pour les mêmes raisons citées plus haut, on a vécu / vivait notre relation plutôt chez moi. Dans le tourbillon de la NRE, et même à tout moment, lorsque les choses vont bien, on ne s'en rend pas compte, et aussi, ne dit-on pas, qu'aimer = donner sans compter? Sauf que, ce qui est valable dans l'amour absolu, et lorsque les choses vont bien, dans le polyamour, et notamment avec l'apparition de tierces personnes, et, aussi, lorsque les ressources manquent (temps, énergie, et aussi argent), tout déséquilibre apparait comme un problème. Du moins c'est ce que j'ai ressenti. On ne s'en rend compte qu'après du temps et grâce à la répétition (3 ans dans mon cas). Vivre notre relation chez moi veut dire que cela avait une dynamique d'hôtesse/invité. Qu'on le veuille ou pas, et même si on essaie de réduire le temps et l'énergie dépensée à préparer la maison pour bien accueillir l'autre (avec en plus -- je le dis même si je sais que je risque d'être critiquée-- mais elle émane de mon vécu, même si j'ai essayé de réduire autant que possible cette différence -- le fait que les nanas ont en général besoin de plus de temps pour se faire belles que les mecs), cela demande quand même un certain temps/énergie qu'on donne et que l'autre reçoit. Donc au bout de 3 ans, je me suis rendue compte que cette configuration déséquilibrée me posait problème.
Je me suis rendue compte de cela lorsque, à chaque nouvelle relation de Q (qui comme je l'ai dit, ont été, jusqu'à cette dernière, sporadiques), ma première réaction à chaud était de ne plus vouloir qu'il vienne chez moi. Je me suis rendue compte que c'était parce que cela signifiait que je m'occupais de lui (hôtesse/invité). Cela me montrait un déséquilibre des ressources à son avantage. Je ne supportais pas / trouvais injuste, non-équitable une configuration où il recevait de moi, et allait chez une autre et recevait encore, et que moi, parce que je donnais, cela réduisait ma capacité à pouvoir vivre d'autres relations. Alors que pour lui, c'était tout le contraire.
J'ai fini par lui parler de ce déséquilibre qui me semblait problématique. Cela a été très difficile de le lui expliquer et de lui faire comprendre, sans rentrer dans les calculs mesquins. J'essayais de lui faire voir que nous devions trouver une division équilibrée de nos ressources adaptée à la configuration non traditionnelle de notre relation. Je lui disais qu'une telle discussion, après un certain temps en couple, était inévitable. Après de longues discussions, nous avons fini par trouver un terrain d'entente là dessus (que lui finance nos sorties en WE et nos dîners extérieurs). Sauf que, à cause de mon virage professionnel, nous avons réduit ces WE et ces dîners extérieurs. Mais bon, sur le fond, sur ce point, j'étais contente et fière d'avoir réussi à trouver un terrain d'entente.
Sauf qu'il y a un troisième aspect qui me gênait et dont je ne lui ai pas parlé, et que je pense il a peut être ressenti. La relation avec Q, même si elle me comblait sur les plans sexuel, émotionnel, énergétique, et aussi au niveau de partage de temps ensemble en nature (il est passionné de montagne et randonnées) et avec ses enfants (un univers nouveau pour moi et si beau à vivre), ne me stimule pas intellectuellement, et même, je sens que l'enrichissement sur ce plan est unidirectionnel, de moi à lui. Cela est probablement dû à notre niveau de culture différent (je suis profondément désolée si cela sonne laid et/ou élitiste. J'ai eu beaucoup du mal à mettre des mots là-dessus). Chose que j'ai commencé à noter de plus en plus lorsque je voulais lui parler de ma nouvelle profession, de ce que j'apprenais, ou aussi, lorsque je voulais avoir des débats profonds avec lui. Cela me provoquait un manque d'admiration, qui m'a fait sentir, avec beaucoup de tristesse, que je ne me sentais plus autant amoureuse qu'avant. Ou que peut-être, cette relation qui fonctionnait bien en tant qu'amants et compagnons de voyages en nature, n'a pas peut-être les composantes nécessaires pour se transformer en compagnon/compagne. Cela me posait en effet problème, mais je me disais aussi que justement, la non-monogamie y présentait une solution, me permettant de combler ce besoin de stimulation intellectuelle avec d'autres personnes. Mais est-ce que cela marche vraiment? Je pense que je doutais entre cette possibilité et la nécessité que chaque relation soit enrichissante et épanouissante en elle-même.
Je me suis aussi rendue compte (vraiment désolée d'être si longue..) que, doublée à cette lacune de manque de stimulation intellectuelle avec Q, que ma fermeture à d'autres rencontres venait aussi, inconsciemment, d'une peur de perdre Q (même si cela va à l'encontre du polyamour. Mais nos peurs sont par essence irrationnelles, non? De cela, je n'en ai pas parlé à Q. Mais maintenant que cela m'est apparu, j'ai l'intention de le faire). Donc peur de moi (!), peur de rencontrer quelqu'un qui me comble intellectuellement, et de perdre Q.
Je me dis que, alors que je réduisais mon temps avec lui, en même temps que je provoquais le démontage de la répartition de nos ressources, Q a peut-être ressenti cela.
Tout cela pour essayer d'apporter des éléments de réponse à ta remarque, @bidibidibidi (merci encore de m'avoir lue jusqu'ici)
"Ce que j'entends c'est que le raisonnement que tu tiens pour toi tient aussi pour Q : Votre relation doit aussi l'épanouir, et ton virage professionnel l'a manifestement affecté."
Quant à ce que tu me dis, @HeavenlyCreature:
Merci beaucoup pour ton intervention. J'aime beaucoup ce que tu dis et cela correspond exactement à ma relation idéale, qu'elle soit mono ou poly effectivement, la croissance / enrichissement mutuel / soutien durant les périodes difficiles étant le ciment même de la relation:
"Que la relation soit mono ou poly, il me semble que se soutenir mutuellement dans les épreuves fait aussi partie de la relation. Fuir à la moindre difficulté (ici dans les bras d'une autre) ne me semble pas très bon signe...
Mon ex compagnon a été mon 1er supporter et je lui dois bcp dans la réussite de mes études... Cela s'est fait bien souvent au détriment de son propre bien-être et de notre couple, il n'empêche qu'aujourd'hui, même plus amoureux et séparés, on est un pilier l'un pour l'autre. La confiance et I'amour qu'on se porte est sans limite. Bcp sont surpris par notre relation d'ex et nous envient : "vous avez de la chance" mais ce qu'ils ne comprennent ou pas, c'est que ça tombe pas du ciel : si on est comme ça aujourd'hui, c'est grâce aux épreuves et aux difficultés qu'on a traversées ENSEMBLE."
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Pour ce qui est de la communication, et de son ressenti on a parlé, régulièrement. Ce qui est bien c'est qu'en tout moment, on en a parlé sincèrement. Mais je pense qu'effectivement l'évolution de la situation et ma souffrance actuelle est peut être, du moins en partie, due à ne pas avoir su bien gérer nos manques et nous accompagner mutuellement.
Lorsqu'il m'en a parlé, j'ai tenté de le rassurer. Par des mots.
Mais cela a coïncidé avec une période de voyages successifs où je n'ai pas été présente physiquement pour lui. Et où il m'a dit aussi, que même si je lui faisais montre de mon soutien au téléphone, le fait de ne pas être présente est difficile pour lui, notamment au moment où il passait par des moments difficiles chez lui, et que tout cela, cette absence, qu'on le veuille ou pas laisse des blessures.
J'avoue aussi que j'avais du mal à sentir de l'empathie avec son ressenti. Pour plusieurs raisons:
1) parce que cela représentait tout le contraire de ce que je suis et ce qui m'attire chez les autres (l'autonomie, l'indépendance, s'enrichir via ses passions/hobbies)
2) cela me confirmait cette sensation d'être son bouche-trou
3) cela me faisait voir un aspect de sa personnalité qui me semblait peu attirant (j'avoue l'avoir inconsciemment jugé), celui d'être égocentrique et centré sur lui-même.
Mais aussi, bien sûr, à chaque fois qu'on en parlait, je le rassurais en lui confirmant que ce que je partageais avec lui, je voulais l'avoir dans ma vie. Et un jour, je lui ai expliqué les profondes raisons de ma transition professionnelle (pour me plaire, lui plaire, et pouvoir transiter le polyamour), ce qui nous a rapprochés.
Quant à ma tristesse d'éventuellement perdre Q (oui, c'est exactement cela. Merci @HeavenlyCreature. en plus de ma peur), si j'en ai reparlé ou si je préfère tirer ma révérence:
J'en ai parlé et reparlé, mais n'empêche je me sens toujours incomprise. Quant à tirer ma révérence, j'y ai pensé, sur le coup de ma douleur, et comme réflexe d'auto-défense. Mais ce serait couper sa main parce que celle-ci fait mal, non? Donc non, je ne jette pas l'éponge. D'abord parce que, malgré ses difficultés, je pense que le polyamour est le système relationnel idéal, même si je sais que pour que cela fonctionne, cela est très difficile parce qu'on évolue en terrain miné. Je ne me vois pas jeter l'éponge avec la première personne qui apparait. Aussi, parce que je l'aime et tiens à lui. Je crois que j'ai peur de perdre ce que nous partageons, peur que ce soit la nouvelle qui prenne ma place en étant celle qui lui manque, celle qui le fait rêver, celle à qui il fait l'amour passionnément...
Quant à ta deuxième question @bidibidibidi, sur comment Q a réagi quand je lui ai parlé de mon besoin de soutien:
- Par rapport au plan créatif de ma nouvelle profession, il faut dire que n'étant pas de ce monde-là, je ne peux pas lui demander ni le blâmer de ne pas être capable de partager avec moi au niveau où j'ai besoin. Par contre, lui ayant demandé de faire plus d'efforts pour qu'on parle plus en profondeur du contenu de nos journées au delà des échanges superficiels, j'ai vu qu'il a fait beaucoup d'efforts.
- En ce qui concerne son soutien pour ma recherche de logement / déménagement, je l'ai senti à 100% investi et présent pour me soutenir. Sur ce point, rien à dire, au contraire.
- En plus de cela, il me dit que s'il est plus heureux (avec sa nouvelle rencontre), il sera mieux en mesure de m'accompagner et de me soutenir.
Voilà. J'espère que je n'ai rien oublié. Merci infiniment de m'avoir lue jusqu'ici, et de votre soutien.
Excellente soirée!
Message modifié par son auteur il y a 7 ans.
Discussion : Jalousie ou ...? et que, comment faire?
astrogirl
le mardi 30 juillet 2019 à 10h23
Hello bidibidibidi,
Merci pour ta réponse et pour ton analyse. Oui, tu as mis le doigt sur un des aspects principaux du problème.
Néanmoins, par rapport à ce que tu dis:
"C'est toi qui, la première, a cassé le contrat en délaissant Q pour te focaliser sur ta carrière."
Je ne suis pas d'accord. Comment est-ce que vouloir grandir professionnellement pourrait-il signifier 'casser un contrat'? Est-ce que selon toi, s'occuper de l'autre, notamment de ses insécurités, devrait passer avant et même au détriment de sa propre croissance personnelle? Parce que, justement, et après avoir longuement lu sur les relations et ce qui les fait grandir, selon mon vécu aussi, je suis arrivée à la conclusion que ce qui fait qu'une relation fleurisse, c'est qu'elle ait justement en son coeur la croissance et l'enrichissement mutuel de ses intégrants. En lisant ton raisonnement, cela me laisse entendre que, pour ne pas que notre partenaire se sente délaissé, il faudrait négliger sa propre croissance? C'est exactement aux antipodes de comment je vois une relation.
Je précise que je me sentais malheureuse professionnellement et suis passée par une crise existentielle qui m'a menée vers ce virage. Et aussi, j'ai parlé de virage -- une étape sensée être temporaire -- non d'un changement de priorités définitif. Je suis de ceux qui pensent que pour être heureux, on a besoin d'un équilibre entre les 3 sphères: vie professionnelle, relationnelle, et avec soi-même. Je ne suis pas quelqu'un qui laisserait sa carrière bouffer sa vie personnelle. Mais, je pense aussi, que lorsqu'on entame un virage, on a besoin exceptionnellement d'y mettre beaucoup d'énergie et de temps pour que cela démarre, et on a besoin idéalement, du soutien de son partenaire.
Je ne blâme pas Q pour avoir débuté une relation en ce moment. Simplement, que je suis en train de mal le vivre. C'est mon ressenti, mais je ne le blâme pas pour l'avoir provoqué.
Merci à toi et à tous ceux qui pourront m'orienter un peu.
Message modifié par son auteur il y a 7 ans.
Discussion : Jalousie ou ...? et que, comment faire?
astrogirl
le mardi 30 juillet 2019 à 00h34
Cher.e.s lutin.e.s, poly.e.s,
Cela fait longtemps que je n'ai plus participé aux débats, quoique le vous lis souvent. Et saluant à nouveau l'intelligence de cette communauté, j'aimerai vous demander conseil.
C'est une longue histoire mais je vais essayer de résumer, du moins l'aspect qui me fait mal en ce moment.
Cela fait 4 ans que je suis avec mon partenaire, père de 3 enfants, avec qui je ne vis pas, et que j'appellerai ici Q, pour simplifier.
Notre relation est polyamoureuse depuis le début, quoique je me suis plutôt fermée à d'autres rencontres, à cause de mon peu de temps libre notamment, et puis aussi parce que je me sentais comblée. Et aussi parce que j'avais quelqu'un d'autre avec qui je partage beaucoup, intellectuellement, mais à distance. Quant à Q, il a eu quelques rencontres sporadiques.
Cette année j'ai entrepris de gros changements dans ma vie, notamment un virage professionnel. J'ai fait des études dans le domaine audiovisuel, et avec les tournages et projets qui sont en train d'apparaitre, la construction de ma nouvelle carrière, le tout financé par mes autres activités (donc du coup l'équivalent de 2 boulots à temps plein), je me suis retrouvée avec beaucoup moins de temps libre.
Q s'est senti 'déplacé', 'rejeté', et maintenant, il a rencontré quelqu'un d'autre, quoique vraiment, il essaie de me faire sentir que rien n'a changé. J'essaie de me réjouir pour lui mais ne peux m'empêcher de sentir une injustice de situation. Avec toutes les difficultés que je suis en train d'affronter sur le plan professionnel, avec aussi une recherche d'appart et déménagement, je me retrouve avec une gestion que je n'ai pas demandée. Je me rends compte aussi aussi que la non-monogamie est possible seulement si on jouit de certains privilèges, comme, essentiellement, un travail où on se sent réalisé, un bon salaire, du temps libre. Chose que j'essaie de me construire (le premier point seulement, parce que comme vous le savez, gagner sa vie dans un tel domaine et très dur, et surtout lorsqu'on débute, on accumule les projets gratuits). Chose que lui a (il est salarié et aime son boulot, qui est bien payé avec vacance, bénéfices et temps libre, et maintenant plus que jamais il a plus de temps libre). En fait je sais très bien que je suis jalouse et ai peur de perdre ce que nous partageons. Du coup je m'éloigne de lui (comme réflexe d'auto-défense), même si je vois que paradoxalement, cela me fait mal. pfff.
Je suis en train de souffrir et je vis mal tout cela. Est-ce que je souffre parce que je sens que la situation est injuste, ou du moins, non-équitable? Mais est-ce que le polyamour est sensé être juste ou équitable? Ou suis-je tout simplement jalouse? Est-ce simplement de l'envie? Mais aussi, au-delà de ce que je ressens, comment m'en sortir?
Il est vrai que si on regarde les choses d'un autre angle (pas le mien), cela est peut être idéal: plus de temps pour moi, Q comblé avec Y, donc il peut profiter au maximum du temps avec moi sans sentir de manque.
Mais j'ai du mal avec cette vision...
Je vous serais reconnaissante de m'orienter.
Excellente soirée et merci!
Message modifié par son auteur il y a 7 ans.
Discussion : Quand l'un veut plus
astrogirl
le mardi 18 avril 2017 à 15h37
Bonjour Mondrian!
Je suis en relation polyamoureuse avec mon compagnon d'un an et demi, qui, lui, est en couple depuis 14 ans avec la mère de ses enfants et avec qui il partage un foyer.
Notre manière de vivre le polyamour est non-hiérarchique.
Je ne me suis jamais sentie secondaire et il ne m'a jamais traitée comme telle. Depuis le début, il prenait en compte mes désirs et faisait tout son possible pour arriver à une solution qui nous convienne à tout.e.s, y compris son autre conjointe.
Ils ont décidé de me présenter aux enfants au bout de six mois, et depuis, je partage des moments familiaux avec les enfants selon diverses configurations: lui+moi, lui+la mère de ses enfants+moi, lui+la mère de ses enfants+son autre compagnon+moi, la mère de ses enfants+moi (une fois je suis allée avec elle chercher les enfants de l'école), etc. Il est clair pour les enfants que je ne suis pas leur mère, mais la petite amie de leur père, et ils prennent cela très bien.
En ce qui me concerne, cette situation me va très bien, parce qu'elle correspond à mes désirs. Par exemple je ne souhaite pas avoir des enfants avec lui (ni être maman). Dans le cas contraire, cela aurait pu être une source de conflit ou même de rupture, parce qu'il ne voudrait plus avoir d'enfants. Mais en polyamour, comme cela serait possible avec une autre personne, il aurait été probable de trouver une solution qui, dans la monogamie, aurait été inconcevable. Autre exemple: je ne souhaite pas vivre avec lui. Etant très indépendante et de nature créative, j'ai besoin d'avoir mon propre espace. Ce qui fait que je peux vivre de magnifiques moments de famille avec ses enfants selon la dose que je souhaite, et sans avoir à renoncer à mon indépendance, ni à renoncer à mes choix (ne pas être mère). Toutefois, concernant la cohabitation, mon compagnon m'a dit souvent que si ce désir changeait en moi, il serait possible de vivre ensemble, mais avec son autre conjointe et les enfants, ainsi que les éventuelles personnes qui seraient en relation avec eux. Ce que je trouve très beau, parce que cela correspond à sa manière, notre manière de vivre le polyamour = additionner et ne pas soustraire, exclure.
Je te raconte cela pour te demander: et toi?
et si vous viviez tous ensemble?
Contrairement à Jvalin et Bonheur, je pense que toutes les personnes qui forment une relation méritent qu'on prenne en considération leur désir et qu'on essaie de trouver une formule qui convienne à tout le monde. Simplement parce qu'on les aime.
Je peux comprendre Théo qui commence à avoir envie de vivre plus de moments familiaux avec toi et pas une autre. Pourquoi pas? Vivre des moments de famille avec toi ne veut pas dire en soi cesser de les vivre avec ton autre conjoint Mathias, sauf si ton choix est de laisser ces deux relations compartimentées / séparées.
J'espère que mon opinion pourra t'inspirer à trouver ce qui te rendra heureuse et rendra heureuses les personnes que tu aimes.
Bon courage!
Message modifié par son auteur il y a 9 ans.
Discussion : Perdue face à une annonce s'approchant du polyamour
astrogirl
le mardi 11 avril 2017 à 13h05
Bonjour Lachouette!
Je comprends tes peurs et tes questionnements, qui me donnent l'impression que tu as déjà fait un énorme travail et fait preuve de beaucoup de courage.
Juste te dire que polyamour ne veut pas dire renoncer au couple et ne veut pas dire non plus renoncer au 'nous'. Comme tu as sans doute pu le lire, il existe une infinité de manière de vivre le polyamour. Par exemple le polyamour hierarchisé equivaut à un couple principal et d'autres couples ou relations secondaires, tertiaires, etc. Le polyamour non-hiérarchisé consiste à faire partie de plusieurs couples ou trouples, etc, ou relations, sans qu'il y ait une hiérarchie. Le polyamour en 'solitaire' favorise l'autonomie de la personne au dépens d'un couple. Il peut y avoir cohabitation ou non. Il peut y avoir partage des finances ou non. Projets d'enfants ou non. etc. Toutes les configurations sont possibles. Ce sont les personnes qui intègrent les relations qui décident du format qui leur convient.
Ceci dit, voyant que tu as déjà fait un énorme chemin, l'idéal serait de pouvoir en parler avec lui et trouver une formule qui puisse vous correspondre à tous les deux, et qui pourrait se trouver à mi-chemin entre tes désirs et les siens. Sachant que tout accord peut être révisé ultérieurement. Mais je veux dire que trouver une base qui t'es confortable t'aiderait à te sentir mieux, et pouvoir avancer en te sentant plus en sécurité vis à vis de ta relation avec lui.
Je te souhaite bon courage! Il est clair que le chemin que tu es en train de faire est motivé par tout l'amour que tu portes pour lui. J'espère qu'il pourra s'e rendre compte et t'aider.
Discussion : Comment aborder le sujet?
astrogirl
le samedi 25 mars 2017 à 12h57
Magnifique témoignage Kuoni ❤️
Pourrais-tu développer / illustrer ces deux points?
Kuoni
Je pense que la seule façon d avancer sur le sujet avec un monogame est de respecter ses limites. Et d avancer a son rythme. Quitte a prendre sur toi et a etre patiente. Chaque limite franchie est une agression.
Mefie toi de sa capacité a te placer en priorité et a se faire du mal, pour te laisser une liberté qu il n a pas la force de t offrir.
-quel a été le rythme qui a fonctionné pour toi et comment as-tu fait pour te recomposer, te remettre de ces agressions?
- la 2e phrase est magnifique. Peut-être que la clef serait que la personne qui souhaite vivre le polyamour fasse comprendre à son compagnon monogame que pouvoir le vivre en étant ensemble représente pour elle une grande preuve d'amour, pour laquelle elle est extrêmement reconnaissante, et que cela la remplit d'amour envers son compagnon monogame. En bref, qu'à chaque ouverture, que le compagnon monogame ressente plus d'amour venant de sa compagne ; ce qui irait à l'opposé de nos peurs basiques de perdre l'amour ou de recevoir moins d'amour lorsque notre amoureux/se développe des sentiments pour quelqu'un(e) d'autre.
Merci!
Discussion : Mardi, c'est Poly (novembre)
astrogirl
le mardi 25 novembre 2014 à 15h11
De passage express sur Paris, je serais heureuse de me joindre à vous ce soir. :)
A tout à l'heure!
Discussion : Compte-rendu du café poly du 23 septembre 2014 à La Cantada
astrogirl
le dimanche 19 octobre 2014 à 22h57
Idem pour moi aussi Vaniel, surtout que polyamour et adultère est un sujet qui me touche. Les différents points de vue sont si pertinents et enrichissants. Merci infiniment d'avoir partagé! :-)
A bientôt!
Discussion : D'un point de vue polyamoureux: différence entre 'aimer' et 'être amoureux'
astrogirl
le samedi 18 octobre 2014 à 12h00
En effet.. Très belle citation.
Accepter la réalité est primordial en effet.
Mais en même temps, on ne peut s'empêcher d'espérer une évolution de la situation.
Tchelov, tu peux me dire comment tu fais? (En MP si tu veux)
Sinon, 'aimer' v. 'être amoureux', ça ne parle à personne?
Au passage, j'aimerais dire que j'adore ce forum et l'intelligence de cette communauté. C'est un de ces rares espaces qui nous pousse à grandir. Merci!
Excellente jounée.
Discussion : D'un point de vue polyamoureux: différence entre 'aimer' et 'être amoureux'
astrogirl
le vendredi 17 octobre 2014 à 22h47
"on fait ce qu'on fait, je n'ai pas autre chose à en faire"
C'est excellent et cela m'inspire.
Quant à l'ouverture de son couple: evidemment que j'y pense. Mais cela fait 2 ans que j'espère, et toujours rien. Du coup je n'espère plus trop.
On en a parlé, oui, mais sans aborder la question de front. Ce n'est pas evident de lui dire 'et si tu ouvrais ton couple?' Je pense que cela devrais venir de lui. (Je lui ai quand même suggéré de lire Françoise Simpère et de lire la Salope Ethique'. Sauf qu'il est reticent.. Et déteste les ouvrages de 'self-help..)
Mais ce que j'ai compris, de nos nombreuses discussions sur le sujet, c'est qu'il craint de perdre sa compagne (de qui il est amoureux aussi, je précise, et avec qui il partage un enfant). Je dirais aussi qu'étant donné l'éloignement géographique et le fait qu'on se voit si peu, il devrait se dire 'à quoi bon risquer son couple?' 'Et à quoi bon risquer de me perdre aussi', vu que, comme il voyage beaucoup de par son travail, et c'est lors de quelques uns de ces voyage qu'il arrive à me voir, s'il parle de moi à sa compagne et qu'elle prend les choses mal (je doute qu'elle sautille de joie), cela aurait pour conséquence probablement une crise de son couple, une perte de confiance (justifiée, evidemment), et (ce que j'essaie d'éviter) une rupture totale de tout lien avec moi...
Le problème est que de son côté, il y a un mensonge qui dure depuis 3 ans au total, et duquel je voie difficilement une sortie.
Du coup, d'un côté je fais avec, de l'autre j'attends sans trop espérer non plus.
Et comme on se voit si rarement, le risque de se faire choper est moindre, tout comme l'est son sentiment de culpabilité.
Et c'est pour cela que j'ai décidé de laisser les choses ainsi, c'est-à-dire ne pas faire un effort pour aller le voir. Pour en fait, ne pas augmenter le risque de se faire choper.
Pas evident, tout cela. Mais je me suis promise, depuis le tout début, de ne prendre aucune decision à la hâte, de garder les choses en perspective, et de garder en tête surtout que le plus important pour moi, le plus beau de notre relation est cette connection intellectuelle que je ne voudrais pas perdre.
Message modifié par son auteur il y a 11 ans.
Discussion : D'un point de vue polyamoureux: différence entre 'aimer' et 'être amoureux'
astrogirl
le vendredi 17 octobre 2014 à 18h06
Encore une fois, tu as tout à fait raison Tchelov (je me permets d'abréger ce pseudo :)
Je voulais dire 'je suis amoureux de toi, mais cela ne change en rien la situation'
Par situation, j'entends clandestinité et eloignement géographique.
Merci pour le lien de Solange. J'ai beaucoup 'aimé'.. Et c'est exactement ce que j'avais besoin d'entendre.
Elle a tout à fait raison, on se construit des schémas, des attentes et on se complique l'existence, rien que pour ces 3 (jolis) mots.
Mais quand même, j'aimerais toujours savoir, pour vous, chers lutins et lutines, est-ce que être amoureux de quelqu'un implique des conséquences ou pas nécessairement?
Je trouve sinon ce principe que tu mentionnes bien sage, en effet. Même si l'amour est illimité, le temps et l'énergie, eux, le sont. C'est important d'en etre conscient.
Il n'a pas dit cela textuellement, mais telle est la situation. Mais, ce que je cherche à comprendre, ce n'est pas une chose qu'il a dit, mais ce que je ressens moi. Et voir comment gérer cet amour de mon côté.
Sinon, pour répondre à tes questions:
- on communique énormément. Surtout par email (on s'ecrit des lettres fleuves qui peuvent aller jusqu'à 20000 signes, accompagnés de chansons et d'articles à partager, poèmes, extraits de livres... Les sujets se rétroalimentent. On a tellement de choses à se dire qu'on a toujours l'impression, que quel que soit le média, qu'on n'aura jamais le temps de finir, et que les sujets ne prendront jamais fin. Ce qui est super, intellectuellement) en moyenne 2/3 fois par semaine, et messages (facebook) quasi quotidiennement.
Aussi, de temps en temps, il m'envoie des lettres, cartes postales, avec quelquefois un livre en cadeau (Mais je ne peux malheureusement rien lui envoyer par courrier. Je ne connais d'ailleurs ni son adresse, ni son numero de telephone portable. Ce qui me blesse, en fait, parce que je trouve que c'est peu me connaitre que penser que je pourrais lui faire du mal par ces canaux. S'il savait, je préfèrerais me faire du mal à moi que de lui faire du mal.. Mais evidemment, je me retiens de lui dire cela..)
De temps en temps, je lui parle en tchat sur skype et, plus rarement, on fait une communication video.
Perso j'ai toujours fui les relations à distance, et du coup, fui tous les modes de communication virtuels. Je trouve qu'ils créent une illusion de la réalité, une illusion d'avoir cette personne à nos côtés alors qu'elle est à 10000 lieues de là et qu'on n'a qu'une simple image derrière un écran. En plus de générer une dépendance, cela est frustrant et toxique pour notre vie réelle. On finit par passer plus de temps dans une illusion, derrière un écran.
En fait, avec le polyamour, des relations qui, selon une perspective monogame auraient été trop frustrantes (à distance, ou clandestine de son côté) me sont apparues comme possible, ou, disons, moins impossibles :) parce que le manque, l'absence seraient justement compensés par la présence d'autres amours.
Et voilà que, à peine ce mode de vie assumé, je me retrouve avec le jackpot: 2 en 1 : distance et adultère. :-)
Pour se voir:
On se voit très rarement, malheureusement. Comme c'est une relation clandestine et à distance, on se voit quand il peut voyager près de moi et passer me voir. Ce qui est assez aléatoire. L'année dernière on s'est vu 3 fois, au total 15 jours.
En fait j'ai décidé, de mon côté que, comme c'est une relation clandestine et tant qu'elle le restera, je n'investirai pas là-dessus. C'est à dire qu'il est le bienvenu à me rendre visite. Mais je ne voyagerai pas spécialement pour lui (sauf si c'est vraiment à côté).
Je considère que cette relation a une épée de damoclès suspendue au dessus, et que le jour où sa compagne va découvrir la vérité, elle se brisera.
Du coup, j'ai décidé
- de la vivre quand même, mais sans y miser de mon côté.
- faire tout ce qui est en mon possible pour préserver, protéger, notre connection intellectuelle qu'on alimente par correspondance. Je ne voudrais pas la perdre. Et même, je serais prête à sacrifier les rencontres, arrêtrer de nous voir si besoin est (on se voit si rarement de toute façon). Ma décision de ne pas mettre du mien pour nous voir vient de là.
Si je suis prête à me contenter de cela:
J'aimerais préserver les belles choses, comme tu dis Tchelov, et réduire au minimum les souffrances/frustrations.
En deux mots: j'accepte la réalité et je fais avec. Mais mon dilemne est 'je fais quoi avec?'
Accepter la réalité:
Je crois en la formule: 'donner selon ses possibilités, prendre en fonction de ses besoins'. Donc, ne pas demander à mon amoureux plus ce qu'il ne peut m'offrir. En mode monogame, cela aurait été impossible pour moi, evidemment. Mais dans un schéma polyamoureux, d'autres relations equilibreraient, compenseraient le manque occasionné par cette relation.
Faire quoi avec (hein?) :
Je tente d'y voir plus clair (en moi, pas dans la relation) et cherche à poser des limites, pour me protéger, à moi, et protéger les belles choses de cette relation et pouvoir les vivre sans trop souffrir.
Merci de me lire et de me répondre
Bises
Message modifié par son auteur il y a 11 ans.
Discussion : D'un point de vue polyamoureux: différence entre 'aimer' et 'être amoureux'
astrogirl
le vendredi 17 octobre 2014 à 13h06
Salut Tcheloviekskinoapparatom (difficile d'écrire ton pseudo quand même.. J'ai dû copier/coller..)
Merci de me répondre et ravie que cela soit intéressant :)
Pardon, cette phrase que tu as citée est en effet confuse. Ce que je veux dire,
Que ce soit 'construire' ou 'vivre' (la seule différence entre ces deux notions à mon sens, c'est un degré d'engagement différent, mais un engagement quand même), il est necessaire de disposer, dans sa vie, de suffisant d''espace'. Par espace j'entends : liberté, flexibilité, temps, énergie. Mais lorsqu'on dit à son/sa chéri-e 'je t'aime mais cela ne change rien dans ma vie', cela ne veut pas dire aussi, d'une certaine manière: 'je n'ai pas d'espace à te consacrer'? et donc, du coup, condamner cet amour, le tuer dans l'oeuf?
Et donc, comment est-ce possible que cela soit de l'amour?
astrogirl
"Cela ne change en rien ma vie"
Veut dire: tu resteras dans le secret. Je n'assumerai pas cet amour. Et aussi: je ne ferais aucun effort pour me rapprocher géographiquement de toi.
Message modifié par son auteur il y a 11 ans.
Discussion : D'un point de vue polyamoureux: différence entre 'aimer' et 'être amoureux'
astrogirl
le vendredi 17 octobre 2014 à 11h56
Cher-e-s polyamoureux/ses,
Cela fait un moment que je médite sur cetre question.
La différence entre 'aimer' quelqu'un et 'être amoureux', du point de vue lutin.
D'une perspective monogame, j'entendais 'être amoureux' comme un état transitoire qui vise à la formation d'un projet commun, en général le couple. C'est un etat irrationnel, aveugle et euphorique. Etre amoureux veut dire vouloir incessamment être avec l'autre personne, vouloir absolument construire quelque chose ensemble, vouloir et être prêt à changer sa vie pour construire ce projet commun.
'Aimer' intervient lorsque ce processus reussit et prend fin. Et alors, le rationnel entre en jeu.
Pour résumer, 'être amoureux' se termine lorsque le processus de découverte s'achève.
Par contre, dès lors qu'on se met dans le polyamour, on ne pense plus nécessairement au couple comme objectif (je me rappelle d'une discussion très interessante sur ce forum intitulée 'le couple, c'est quoi?' Et qui m'avait beaucoup aidée). Et même, on ne pense plus nécessairement à 'construire' des choses ensemble, mais plutôt, disons, à 'vivre' des choses ensemble.
Construire quelque chose veut dire a) avoir assez d'espace dans sa vie pour pouvoir construire b) être prêt à détruire pour reconstruire. Par contre, si on veut 'vivre', on a simplement besoin de liberté (flexibilité, temps).
Je sais bien que donner un nom, mettre une etiquette aux sentiments est secondaire. Mais je me sens perdue. J'ai besoin de mettre de l'ordre dans mes sentiments, de les observer tels qu'ils sont, les comprendre et les gérer.
Bref, comment entendez vous ces deux notions?
Si une personne vous dit : je suis amoureux de toi, mais cela ne change rien dans ma vie. Voyez-vous une contradiction? Ou non? Je veux dire, si la personne ne veut absolument rien changer dans sa vie, n'est ce pas condamner cet amour d'emblée, en faire un amour mort/né.. Comme si on disait a un oiseau 'vole', mais après lui avoir coupé les ailes..?
Beaucoup de questions, oui.
Merci de m'éclairer :)
A bientôt!!
Discussion : Polyamour et adultère
astrogirl
le vendredi 04 janvier 2013 à 19h41
Je me suis en effet mal exprimée, ou mal posé ma question.
Le dilemne où je me sens est entre moi et moi-même :-/, c'est 'a dire entre moi et mes propres principes, et non par rapport aux "règles ou etiquette" du polyamour. Ce qui rejoint les propos de Paul-Eaglott et de Goldmund. Merci pour vos réponses qui m'éclaireent énormément. Je suis tout à fait d'accord (c'est ce que je voulais dire, en fait)
Et pour te répondre Goldmund, " suis-je bien et heureuse dans cette relation " disons que mon amoureux est une source de bonheur dans ma vie. Je ne peux pas dire qu'il me rend heureuse pour la simple raison qu'il ne fait pas partie de ma vie quotidienne. S'il en faisait partie, ma réponse dépendrait du fait d'être ou non frustrée de vivre dans l'ombre. En monogame, j'aurais dit oui, pas parce que "ce n'est pas bien", mais parce que c'est frustrant. Mais depuis que j'ai décidé d'être poly, je réponds non, je ne serais pas frustrée.
"et mon partenaire est-il heureux avec moi sans culpabilité ?" Mon amoureux est heureux, oui, absolument, mais il ressent de la culpabilité vis-à-vis de sa conjointe. D'où mon dilemne: est-ce que cette culpabilité me concerne ou je considère que ce n'est pas mon problème?
Je cherchais à avoir notamment l'avis de polyamoureux qui sont passés par là.
Du coup, un grand merci à anges pour ton témoignage, extrêmement pragmatique et inspirant, qui m'aide beaucoup, et dans lequel je me retrouve.
Merci infiniment!
Discussion : Polyamour et adultère
astrogirl
le vendredi 04 janvier 2013 à 16h11
Chers polys,
Nouvelle dans l'univers du polyamour et sur ce site, je viens vous demander votre avis.
Jusqu'à maintenant, je vivais mes relations en assumant totalement ma liberté.
C'est-à-dire que je considérais que si la personne en face a déjà une conjointe, cela est son problème, non le mien. Pour cela, jusqu'alors, je ne fermais pas la porte à de telles rencontres lorsqu'elles se présentaient. Bien entendu, je vous parle d'amour et non juste de sexe.
Or cette configuration, pour l'avoir vécue, génère trop de souffrance pour toutes les personnes impliquées.
Dernièrement, lorsque cette expérience s'est répétée (une 2e rencontre), et que cette nouvelle personne m'a dit "être amoureux des deux", cela m'a ouvert les yeux sur le monde du polyamour. Et me voici. Je précise que nous nous sommes vus ponctuellement, à 9 mois d'intervalle, et que notre relation ne peut avoir lieu parce que nous vivons dans des pays différents et bien éloignés géographiquement. Donc, plutôt que d'avoir une relation parallèle, il existe l'opportunité de se voir sporadiquement durant l'année.
Toutefois, je me trouve dans un dilemne. Mais pas seulement para rapport à cette relation (qui n'en est pas une), mais par rapport à comment affronter ce genre de situation qui sont extrêmement fréquentes, selon mon vécu. Pour cela, je vous serais reconaissante de m'éclairer.
Dans le cas présent, voici mon dilemne:
- Il se dit amoureux des 2, donc polyamoureux (sans le déclarer)
- Je me déclare polyamoureuse (sans le pratiquer effectivement encore, parce que en ce moment je n'ai personne d'autre dans ma vie. Juste que j'ai décidé d'affronter la vie de cette manière)
- Sa conjointe n'en sait rien => A ses yeux, c'est un adultère
Or polyamour signifie relation éthique et honnête entre toutes les personnes impliquées. Donc de ce point de vue, serait-il mieux que je refuse de le revoir tant qu'il n'en parle pas à sa conjointe (c'est à dire tant que c'est un adultère), ou alors considérer que la situation de polyamoureuse est la mienne, et que c'est à moi d'avoir d'autres partenaires si je le veux, et que la situation de sa conjointe n'est pas mon affaire.
Qu'en pensez-vous? Je voudrais avoir l'opinion d'autres poluamoureux/ses engagés avec une personne marié(e).
Merci infiniment!!
Je vous embrasse
Message modifié par son auteur il y a 13 ans.